La lumière bleue du bonheur, vue de Prague. Parfois, je me sens libre et heureux, et j'ai l'impression d'être le ciel sans nuage, surtout au crépuscule, quand l'équilibre des couleurs se fait
plus palpable, car elles disparaissent plus vite. Je suis pris d'inquiétude à l'idée du dernier bleu avant le violet, et cela me rappelle la Suisse quand j'étais petit, où tous les ans je
regardais en l'air toute la journée pour être sûr de ne pas manquer la première étoile.
Et puis voilà, c'est tout. Le bonheur, il en faut pas trop pour le décrire, tout le monde voit ce que c'est.
On arrive à travers la vitre de l'autre côté du miroir, dans un monde la plupart du temps invisible, dans lequel la lumière joue et se délasse.
La lumière est la maîtresse de la matière, elle peut choisir de la caresser, de l'irradier, de la séparer, et parfois de la faire apparaître, comme c'est le cas ici.
La lumière se relaie pour nous montrer la matière, et selon ses humeurs elle embrase ou endort des paysages que l'hiver, quand elle est au repos, laisse gris et nus. Telle est Hambourg qui attend
la grande lumière et essaie de l'imiter comme elle peut autour d'un marché de Noël ou d'un canal reflétant la lune.
Pourtant, malgré son rôle prépondérant, personne ne regarde la lumière. Habitude, négligence? Je ne sais pas pourquoi elle a si peu de succès, mais c'est en tout cas injuste.
La lumière se laisse regarder et emplit l'espace, elle est la compagne de la solitude, dans les trains, en voyage, pour les photographes, les voyageurs; la lumière accompagne nos humeurs et est
accompagnée du vent et de la chaleur.
Commentaires