Jeudi 29 mars 2007
Le jardinier assis
Le jardinier est seul, assis sur une pierre. Poète sans mot, il songe à Médée, sa mère flétrie par la civilisation, si pareille aux roses des sables qui poussent en silence, aveugles au destin contrarié, fières semeuses de magie au coeur du vide.
Privé de paroles, semeur obstiné d'espaces où pousse la vie des autres. Le jardinier regarde le vent détruire ses rosaires, de muettes prières terreuses, ennoblies au soleil.
Il appelle la pluie lisse à ces funérailles nues, qu'elle exhale les fragrances retenues, entêtantes comme la mort, d'où sourdra, peut être, le temps du sang, et de la haine.
Le jardinier d'ail
Sans entrain le jardinier d'ail entaille les entrailles de la terre où, canailles, baillent les gousses d'ail.
Ces putrescences banales, ces femmes fatales, suintent au soleil, noient sa vue!
Lui dresse des fractales compliquées, effeuille son âme dans les pleurs - et si ces belles des champs lui striaient le coeur, labourant sa chair molle, gonflée dans ce désert buriné, la solitude?
La beauté effleure son coeur maigre, irriguée en flux de chaleur sèche comme un vent soufflant d'un mirage: les fleurs qu'il dresse sur le sable sont les banderilles affaissées d'un rêve hors du temps, le temps éternel de l'amour qui dure en passant.
Le jardinier est seul, assis sur une pierre. Poète sans mot, il songe à Médée, sa mère flétrie par la civilisation, si pareille aux roses des sables qui poussent en silence, aveugles au destin contrarié, fières semeuses de magie au coeur du vide.
Privé de paroles, semeur obstiné d'espaces où pousse la vie des autres. Le jardinier regarde le vent détruire ses rosaires, de muettes prières terreuses, ennoblies au soleil.
Il appelle la pluie lisse à ces funérailles nues, qu'elle exhale les fragrances retenues, entêtantes comme la mort, d'où sourdra, peut être, le temps du sang, et de la haine.
Le jardinier d'ail
Sans entrain le jardinier d'ail entaille les entrailles de la terre où, canailles, baillent les gousses d'ail.
Ces putrescences banales, ces femmes fatales, suintent au soleil, noient sa vue!
Lui dresse des fractales compliquées, effeuille son âme dans les pleurs - et si ces belles des champs lui striaient le coeur, labourant sa chair molle, gonflée dans ce désert buriné, la solitude?
La beauté effleure son coeur maigre, irriguée en flux de chaleur sèche comme un vent soufflant d'un mirage: les fleurs qu'il dresse sur le sable sont les banderilles affaissées d'un rêve hors du temps, le temps éternel de l'amour qui dure en passant.
par Benoit
publié dans :
Poèmes
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