Samedi 28 avril 2007
Nous déambulions tristement dans les couloirs de notre prison du savoir, quand soudain nous vint une idée.
Et si nous allions boire un pastis?
Rien ne s'opposant à ce projet, nous commencâmes à en discuter les modalités.
Arrêter illico toute activité, et aller au bistrot du coin, c'était un peu facile. Nous étions motivés, avions du temps disponible, et des réserves d'imagination.
Il fallut en premier lieu s'échapper du sombre pénitencier que, curieusement, nous aimions bien, en raison de la facilité qu'il y avait à s'en échapper, justement.
Direction le QG de campagne, où nous attendait la bière, première étape sur la route du pastis. Cigarette et réflexion formant un couple harmonieux, du moins en apparence, nous parvînmes sur le balcon donnant sur la rue. Une discussion s'engagea, dont le fil, comme à l'acoutumée, n'était, à suivre, pas aisé. Il s'agissait de savoir où il y aurait le plus d'honneur, pour savourer son pastis à la manière d'un gentleman bronzé.
Le grand blond, qui à la main avait encore pour l'instant un verre de bière, rappelons-le, commença sa diatribe en se plaçant sous l'égide de Paul Eluard qui, il l'avouait souvent volontiers, était son poète favori. Comme il faisait beau, il récita d'un air convaincu les premiers vers d'un joli poème où il est question de Dieu qui aurait tous les visages de la Terre. Moi-même, mis en appétit par ces belles paroles, croyant entendre des voix dans la cuisine, me dirigeais vers celle-ci afin de faire cuire des pâtes au doux fumet, une bonne platée de pâtes...
Je ne m'étais pas trompé, la cuisine était bien peuplée d'individus divers, couples, amis, squatteurs, lesquels ne sont pas l'objet de ce discours, mais en mériteraient néanmoins bien tous un, tant leur rayonnement était grand, leur affabilité naturelle, leur talent digne d'envie.
Mais pour cette fois-ci, je les ignorai, ce qui satisfaisait la plupart d'entre eux, absorbés dans diverses activités. Parfois, savoir recevoir, c'est aussi ne pas s'interposer. Je constatai avec satisfaction que les pâtes cuisaient déjà, cause que ceux qui accaparaient ainsi la cuisine avaient l'habitude de le faire régulièrement; ils y avaient donc leurs habitudes.
Soulagé, je retournai donc au balcon, où le grand blond, pensif, avait déjà entamé la rédaction d'un article sur une coupe du monde de rugby à venir. il semblait vraisemblable qu'un jour, il deviendrait tout à fait célèbre.
Et nous prîmes, tenaillés par l'urgence, la décision de ne pas céder à une gloire facile, non, certes pas. Pour boire notre pastis, nous irions directement à Marseille, et non pas en simples voyageurs, peuchère, mais tout bonnement en triomphateurs du concours auquel le pénitencier suscité nous préparait, et dont il était si facile de s'évader. Mais la tâche était ardue, nous le savions, ce qui nous poussa à conclure le pacte de la paresse avec la nonchalance, et nous jurâmes de nous entraider, munis de nos faibles lumières, ainsi que de notre assiduité erratique, mais amicale, à l'enseignement.
Nombre de mois se déroulèrent, coupés pour moi d'un long sommeil, de plusieurs aventures dignes d'êtres racontées en marge (mais pas aujourd'hui, je risque de manquer le train), d'espoirs et de déceptions, de pleines lunes et de déambulations, dans lesquels le grand blond joua une part variable selon les circonstances, au même titre que les autres personnes qui étaient réunies dans le pénitencier, à des titres divers, mais souvent par erreur.
C'est beaucoup lire que d'arriver jusqu'ici, et le train, et la somme des anecdotes inévitables...donc la suite s'écrira demain.
Et si nous allions boire un pastis?
Rien ne s'opposant à ce projet, nous commencâmes à en discuter les modalités.
Arrêter illico toute activité, et aller au bistrot du coin, c'était un peu facile. Nous étions motivés, avions du temps disponible, et des réserves d'imagination.
Il fallut en premier lieu s'échapper du sombre pénitencier que, curieusement, nous aimions bien, en raison de la facilité qu'il y avait à s'en échapper, justement.
Direction le QG de campagne, où nous attendait la bière, première étape sur la route du pastis. Cigarette et réflexion formant un couple harmonieux, du moins en apparence, nous parvînmes sur le balcon donnant sur la rue. Une discussion s'engagea, dont le fil, comme à l'acoutumée, n'était, à suivre, pas aisé. Il s'agissait de savoir où il y aurait le plus d'honneur, pour savourer son pastis à la manière d'un gentleman bronzé.
Le grand blond, qui à la main avait encore pour l'instant un verre de bière, rappelons-le, commença sa diatribe en se plaçant sous l'égide de Paul Eluard qui, il l'avouait souvent volontiers, était son poète favori. Comme il faisait beau, il récita d'un air convaincu les premiers vers d'un joli poème où il est question de Dieu qui aurait tous les visages de la Terre. Moi-même, mis en appétit par ces belles paroles, croyant entendre des voix dans la cuisine, me dirigeais vers celle-ci afin de faire cuire des pâtes au doux fumet, une bonne platée de pâtes...
Je ne m'étais pas trompé, la cuisine était bien peuplée d'individus divers, couples, amis, squatteurs, lesquels ne sont pas l'objet de ce discours, mais en mériteraient néanmoins bien tous un, tant leur rayonnement était grand, leur affabilité naturelle, leur talent digne d'envie.
Mais pour cette fois-ci, je les ignorai, ce qui satisfaisait la plupart d'entre eux, absorbés dans diverses activités. Parfois, savoir recevoir, c'est aussi ne pas s'interposer. Je constatai avec satisfaction que les pâtes cuisaient déjà, cause que ceux qui accaparaient ainsi la cuisine avaient l'habitude de le faire régulièrement; ils y avaient donc leurs habitudes.
Soulagé, je retournai donc au balcon, où le grand blond, pensif, avait déjà entamé la rédaction d'un article sur une coupe du monde de rugby à venir. il semblait vraisemblable qu'un jour, il deviendrait tout à fait célèbre.
Et nous prîmes, tenaillés par l'urgence, la décision de ne pas céder à une gloire facile, non, certes pas. Pour boire notre pastis, nous irions directement à Marseille, et non pas en simples voyageurs, peuchère, mais tout bonnement en triomphateurs du concours auquel le pénitencier suscité nous préparait, et dont il était si facile de s'évader. Mais la tâche était ardue, nous le savions, ce qui nous poussa à conclure le pacte de la paresse avec la nonchalance, et nous jurâmes de nous entraider, munis de nos faibles lumières, ainsi que de notre assiduité erratique, mais amicale, à l'enseignement.
Nombre de mois se déroulèrent, coupés pour moi d'un long sommeil, de plusieurs aventures dignes d'êtres racontées en marge (mais pas aujourd'hui, je risque de manquer le train), d'espoirs et de déceptions, de pleines lunes et de déambulations, dans lesquels le grand blond joua une part variable selon les circonstances, au même titre que les autres personnes qui étaient réunies dans le pénitencier, à des titres divers, mais souvent par erreur.
C'est beaucoup lire que d'arriver jusqu'ici, et le train, et la somme des anecdotes inévitables...donc la suite s'écrira demain.
par Benoit
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