Lundi 8 octobre 2007

Une fenêtre qui s'ouvre, une de plus!
Voici maintenant plusieurs années que la question demeure la même, liberté ou confort, que choisir?
Des fenêtres s'ouvrent, des tentatives variées, mais toujours j'hésite.
Le mouvement même qui m'entraîne d'une idée à l'autre est parfois remis en cause; lui aussi.
Aujourd'hui, je vois les choses comme cela:
La liberté que nous cherchons, c'est l'esclavage qui nous occupait quand nous ne nous posions pas encore la question (dixit Cioran dans Histoire et utopie). Maintenant, d'autres personnes s'occupent de moi - non pas pour m'aider à trouver ma voie- mais pour répandre et faire progresser leurs propres idées. J'ai la nostalgie des temps où je n'étais pas encore l'objet d'une lutte, et de ceux où je ne savais pas qu'il existait des questions.
Mais si je me laisse entraîner par les autres, si peu à peu j'abandonne le fond de ce qui fait ma propre nostalgie, vais-je être, par les moyens détournés d'une autre tyrannie, pour ainsi dire en l'utilisant malgré elle en tant que révélateur de contraire, libéré de la tyrannie originaire, à savoir: qui suis-je?
Libéré du "qui suis-je?", je veux dire conscient que je ne suis pas limité à ce que j'ai été d'abord, et que de fait je peux aussi bien être dans l'avenir que dans le passé, contrairement à ce que l'on sous-entend d'habitude: je suis ce que je serai, aussi; je suis une projection autant qu'un agrégat d'éléments qui m'ont construit, à ce titre, ma liberté est fondamentale, car c'est elle qui rend caduque la répétition du système qui m'a conçu: j'en fais partie, mais je peux l'infléchir à volonté.
Libéré aussi malgré moi et par "décomposition" des modèles de pensée existants. Involontairement, souvent, comprendre un mécanisme par la pensée équivaut à se retirer de son influence, en détruisant la fascination qu'il pourrait exister. On peut comprendre toujours mieux, pour autant on n'est pas exempt de reconstruire à côté, et la tâche est ardue de ce côté-là.
Je ne sais pas si cela est bien utile, car où aller alors? Sans doute nulle part, si l'on veut être logique...
Mais ne plus aller, c'est difficile, et de ce fait j'ai peur d'une certaine déconnexion: je continue d'aller, mais pour un but que je ne connais pas, sans cesse dupe des idéaux en présence autour de moi.
Cela me rend donc essentiellement inapte aux tâches qu'on cherche à me faire effectuer, si bien que l' "éducation" dont je suis l'enjeu, en me faisant agir, cherche à m'ôter la faculté que j'ai d'être inutile; je ne suis pas dupe, accepter ces règles, c'est avouer la défaite.
Mais voilà, en théorie c'est beau de résister, en pratique l'argument massif autant que ressassé qu'il faut bien manger m'empêche de faire exactement ce que je veux - j'imagine n'être pas le seul dans ce cas! Pourtant, j'ai bon espoir d'arrêter, un jour, d'avoir faim.
Mais comment?
etc...
Voici maintenant plusieurs années que la question demeure la même, liberté ou confort, que choisir?
Des fenêtres s'ouvrent, des tentatives variées, mais toujours j'hésite.
Le mouvement même qui m'entraîne d'une idée à l'autre est parfois remis en cause; lui aussi.
Aujourd'hui, je vois les choses comme cela:
La liberté que nous cherchons, c'est l'esclavage qui nous occupait quand nous ne nous posions pas encore la question (dixit Cioran dans Histoire et utopie). Maintenant, d'autres personnes s'occupent de moi - non pas pour m'aider à trouver ma voie- mais pour répandre et faire progresser leurs propres idées. J'ai la nostalgie des temps où je n'étais pas encore l'objet d'une lutte, et de ceux où je ne savais pas qu'il existait des questions.
Mais si je me laisse entraîner par les autres, si peu à peu j'abandonne le fond de ce qui fait ma propre nostalgie, vais-je être, par les moyens détournés d'une autre tyrannie, pour ainsi dire en l'utilisant malgré elle en tant que révélateur de contraire, libéré de la tyrannie originaire, à savoir: qui suis-je?
Libéré du "qui suis-je?", je veux dire conscient que je ne suis pas limité à ce que j'ai été d'abord, et que de fait je peux aussi bien être dans l'avenir que dans le passé, contrairement à ce que l'on sous-entend d'habitude: je suis ce que je serai, aussi; je suis une projection autant qu'un agrégat d'éléments qui m'ont construit, à ce titre, ma liberté est fondamentale, car c'est elle qui rend caduque la répétition du système qui m'a conçu: j'en fais partie, mais je peux l'infléchir à volonté.
Libéré aussi malgré moi et par "décomposition" des modèles de pensée existants. Involontairement, souvent, comprendre un mécanisme par la pensée équivaut à se retirer de son influence, en détruisant la fascination qu'il pourrait exister. On peut comprendre toujours mieux, pour autant on n'est pas exempt de reconstruire à côté, et la tâche est ardue de ce côté-là.
Je ne sais pas si cela est bien utile, car où aller alors? Sans doute nulle part, si l'on veut être logique...
Mais ne plus aller, c'est difficile, et de ce fait j'ai peur d'une certaine déconnexion: je continue d'aller, mais pour un but que je ne connais pas, sans cesse dupe des idéaux en présence autour de moi.
Cela me rend donc essentiellement inapte aux tâches qu'on cherche à me faire effectuer, si bien que l' "éducation" dont je suis l'enjeu, en me faisant agir, cherche à m'ôter la faculté que j'ai d'être inutile; je ne suis pas dupe, accepter ces règles, c'est avouer la défaite.
Mais voilà, en théorie c'est beau de résister, en pratique l'argument massif autant que ressassé qu'il faut bien manger m'empêche de faire exactement ce que je veux - j'imagine n'être pas le seul dans ce cas! Pourtant, j'ai bon espoir d'arrêter, un jour, d'avoir faim.
Mais comment?
etc...
par Benoit
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