Il est difficile, voire dangereux, de remettre en cause son éducation. Les principes qu'on nous a appris paraissent si solides, si indétrônables, qu'on les oublie presque, la plupart du temps;
pourtant, souvent, ils nous limitent et nous empêchent de saisir la réalité comme elle est, non comme la société qui nous l'a enseignée voudrait qu'elle soit. Ou plutôt, il existe une différence
invisible entre un point de vue soufflé par notre instinct et celui guidé par nos principes, lorsqu'on évalue une situation.
Et puis, avec le temps, arrivent de nouvelles idées par rapport au coeur de notre éducation, complémentaires ou contradictoires, on se construit une histoire qui devient déjà discutable, car elle
s'individualise avec le temps. Il faut se construire des bornes, des objectifs. Mais ce qui nous guide alors, un mélange d'expérience, de savoir et de suppositions n'est jamais parfait; à cela
s'ajoute qu'une partie importante de notre vie se passe en obligations, comme travailler, par exemple. J'ai peur, souvent, car j'ai l'impression que le travail semble, la plupart du temps, ne pas
concerner ceux qui travaillent. On travaille toujours pour un patron, et ledit patron n'a pas toujours une vision convaincante à transmettre. On pense de plus en plus que le travail trouve une
compensation dans le salaire, qu'il laisse le loisir d'acquérir du pouvoir d'achat, bref, on s'individualise par la consommation. Les privilégiés ont accès à plus d'achats possibles. A
tel point qu'il devient difficile, voire scandaleux, de faire valoir un vrai point de vue personnel, parfois.
Mais à ce point de mon problème, j'ai encore peur. D'un côté, il est bon que le travail soit rémunéré, que la majorité y trouve son compte, et qu'on puisse avoir les moyens d'éduquer sa famille,
de faire progresser la société, etc. Mais l'absurdité de ce système me tarabuste, car il est bon pour créer une force de conservation et une inertie importante dans la société, en renforçant les
classes moyennes. Or avec quoi cohabite-t-il? Quelles sont les alternatives? Qui s'occupe des progrès de la société et de l'adaptation des lois de notre pays? Sommes nous encore sûrs que nous
voulons avancer ensemble, et non pas que chacun veut augmenter son propre pouvoir d'achat et bien être au sein d'une communauté d'intérêt? A travers les mutations de la société, le
traitement des élections, j'ai l'impression qu'on se dirige par là. Ceux qui traitent de la chose publique ne font plus rêver, on les associé à un service public, qui plus est mal
rempli.
La France moderne semble avoir été conçue pour administrer un pays fermé composé de citoyens y ayant un intérêt direct, corporations d'artisans, nombreux fonctionnaires, etc... Nous sommes passés
dans une société où le privé représente une force de négociation autonome, où l'intégration dans un système mondial se révèle cruciale, et nous continuons à vivre comme si il fallait s'adapter,
pour assurer notre avenir, à une situation hermétique. On manifeste pour conserver le pouvoir d'achat, pour ne pas précariser le statut de l'emploi, mais pourquoi ne voit-on pas que c'est
défendre un système déjà mort, et s'aliéner des possibilités d'influencer notre propre avenir, je ne comprends pas. Déjà mort, j'exagère sans doute, mais au moins de plus en plus inique, car
moins redistributif, au minimum. De plus en plus ghettoisant, aussi.
A l'opposé, je ne comprends pas non plus pourquoi les problèmes d'immigration se posent en termes de peur, de restrictions, etc. Si je fais abstraction des statistiques, et que je regarde autour
de moi, vision absolument partiale, je l'avoue, il me semble que les besoins en emploi sont nombreux et mal remplis, que les gens travaillent trop, de manière très improductive, et que nous avons
un gros déficit dans bon nombre de métiers et de fonctions d'encadrement, au moins.
Aidez moi à y voir plus clair s'il vous plaît, je me demande où on va.
Ce n'est une fois de plus pas du tout, mais alors pas du tout, l'article que je voulais écrire. Comme je ne réfléchis que rarement, il doit y avoir nombre de lacunes à corriger, d'erreurs, et
d'imprécisions, merci de ne pas râler et de me les indiquer, plutôt :)
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