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DES VOYAGES, DES IMAGES ETRANGES, INSOLITES, ETC.

Des liens dans les articles vous proposent des parcours thématiques sur le blog, à vous de trouver lesquels!

Pour ceux qui sont arrivés ici par Google à la recherche d'un sujet d'exposé, ne désespérez pas: au moins vous avez la confirmation que si on peut écrire, régulièrement, n'importe quoi sur n'importe quel sujet, on peut aussi réussir sa présentation sans trop se fatiguer. Courage!

Les photos seront désormais disponibles (et téléchargeables) sur ma page FLICKR, rubrique "Blog"


Mardi 25 septembre 2007
Autoportraits.jpg

La pluie,
quelques notes de musique,
m'enchantent.

Au loin, le silence rôde.
Je suis amoureux,
mais de qui?

Les clônes. Je lance mes clônes de par le monde pour qu'ils puissent m'informer; ils parcourent, questionnent, où ils peuvent; ils font les pitres.
Les clônes font les pitres, des clowns rient,  il pleut, toujours.

Les clônes prennent leur rôle à coeur, ils apprennent même parfois d'autres langues, d'autres cultures; ils demandent: Die Liebe? Des chansons leur répondent: "Das ist was das ist, sagt die Liebe". Ils sont contents, m'apportent la réponse.

Et je m'interroge. Die Liebe? L'amour? Est-ce une clône? Elle aussi? Ah, je ne sais pas, tout à l'air si semblable. Dehors, l'air est frais. Y a-t-il un amour d'automne? Odeur de feuilles mortes tout juste, embrasement de couleurs désespérant, dramatique; je referme la fenêtre.

D'autres clônes me parlent de sable, ils disent avoir vu le sable fondre, faire des montagnes, des montagnes se sont formées lentement, en se tournant sur elles-mêmes, automatiquement. Des montagnes de sable pour des amours vallonnés (vallonnées, dit un autre clône), et pourquoi pas; je regarde le clône, rêveur.
Marchand de sable!

Non, non, ce n'est pas ça. des clônes, des clônes, il en faut toujours plus, à droite et à gauche, pour savoir. Mais la mémoire se trompe elle aussi; elle n'aime pas les clônes, elle les confond, elle croit toujours voir le même, celui qu'elle préfère: qui lui raconte n'importe quoi, toujours la tête en l'air, comme une très vieille femme la mémoire dit toujours ma vérité; elle radote, mais qu'elle est douce à mes oreilles, la mémoire, mes oreilles, une vieille femme, bientôt l'hiver.

La femme qui danse! La femme qui danse! Certains clônes sont enthousiastes, mais peu précis. Ils me font sourire, ceux-là, je les vois peu, on dirait des petits lutins malins, leurs yeux brillent.
Qu'y a-t-il dans les petits yeux qui brillent des lutins malins?


Déjà, d'autres clônes viennent à moi, ils ne sont pas les miens, ils m'ont été envoyés. Je leur réponds, parfois. Clône, d'où viens tu?
Mais...ils ne savent pas, ils ne se souviennent plus. A la place, ils sont curieux, et posent des tas de questions, dans toutes les langues, très vite, affairés, ils notent mes réponses. Ni merci ni pourquoi, les voilà déjà repartis!
Clône, où vas tu?

Et je me dis, le soir, en allant me coucher, que peut-être, derrière les clônes...
par Benoit publié dans : Images vers texte ajouter un commentaire
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Mardi 18 septembre 2007
cendrier.jpg
Alors OK ceux qui regardent les titres des photos verront bien que c'est un cendrier, mais rêvons un peu à partir de cet objet quotidien, et vive l'imagination.

Si, poussivement, je n'avais pas eu à écrire un article sur cette image, j'aurais illustré avec ce poème de Baudelaire:

L'amour et le crâne

L'Amour est assis sur le crâne
De l'Humanité,
Et sur ce trône le profane,
Au rire effronté,

Souffle gaiement des bulles rondes
Qui montent dans l'air,
Comme pour rejoindre les mondes
Au fond de l'éther.

Le globe lumineux et frêle
Prend un grand essor,
Crève et crache son âme grêle
Comme un songe d'or.

J'entends le crâne à chaque bulle
Prier et gémir :
- " Ce jeu féroce et ridicule,
Quand doit-il finir ?

Car ce que ta bouche cruelle
Eparpille en l'air,
Monstre assassin, c'est ma cervelle,
Mon sang et ma chair ! "

à cause des bulles qui semblent figées dans le verre comme un supplice perpétuel.


L'été est encore présent, mais la ville se prépare à l'automne, sous un vent froid, et un grand soleil.
Les passants sourient encore, mais leurs lèvres frémissent; on fait des courses, on prépare la fête de la bière.
Au fond des cendriers, des cigarettes sont fumées, en quantité.
La nuit tombe, il fait déjà sombre; l'hiver ressemblera à ce tableau que j'ai déjà sous les yeux, des lumières éparses le long des larges avenues, des lampes tamisées, mon bureau; peut-être la solitude.

Voilà.

Respirer l'odeur du papier, se lover dans un grand fauteuil, nier le temps qui passe, sensation persistante. Ca ne m'arrive pas souvent de me "poser", mais la sensation qui en résulte dure indéfiniment. Dans une relation, c'est pareil; parfois de simples instants se figent, forment des bulles, et restent, symboles, dans les mémoires.

Pourquoi? Et pourquoi ne disparaissent-ils pas? Leur côté éphémère les protège sûrement, mais il y a autre chose. Ce qui nous a marqué a, à un moment donné, empli l'espace de notre représentation, a modelé notre pensée. Il n'y a pas de disparition partielle alors: lorsque ce souvenir revient, il se présente à nous come une bulle qui enfle lentement, occupe l'espace, et se dématérialise soudain, avant de réapparaître plus loin, sous une autre forme, avec d'autres contours. Mais quand il est là, le osuvenir est bien réel.

Rien à faire.




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