Mardi 18 septembre 2007

Alors OK ceux qui regardent les titres des photos verront bien que c'est un cendrier, mais rêvons un peu à partir de cet objet quotidien, et vive l'imagination.
Si, poussivement, je n'avais pas eu à écrire un article sur cette image, j'aurais illustré avec ce poème de Baudelaire:
L'amour et le crâne
L'Amour est assis sur le crâneDe l'Humanité,
Et sur ce trône le profane,
Au rire effronté,
Souffle gaiement des bulles rondes
Qui montent dans l'air,
Comme pour rejoindre les mondes
Au fond de l'éther.
Le globe lumineux et frêle
Prend un grand essor,
Crève et crache son âme grêle
Comme un songe d'or.
J'entends le crâne à chaque bulle
Prier et gémir :
- " Ce jeu féroce et ridicule,
Quand doit-il finir ?
Car ce que ta bouche cruelle
Eparpille en l'air,
Monstre assassin, c'est ma cervelle,
Mon sang et ma chair ! "
à cause des bulles qui semblent figées dans le verre comme un supplice perpétuel.
L'été est encore présent, mais la ville se prépare à l'automne, sous un vent froid, et un grand soleil.
Les passants sourient encore, mais leurs lèvres frémissent; on fait des courses, on prépare la fête de la bière.
Au fond des cendriers, des cigarettes sont fumées, en quantité.
La nuit tombe, il fait déjà sombre; l'hiver ressemblera à ce tableau que j'ai déjà sous les yeux, des lumières éparses le long des larges avenues, des lampes tamisées, mon bureau; peut-être la solitude.
Voilà.
Les passants sourient encore, mais leurs lèvres frémissent; on fait des courses, on prépare la fête de la bière.
Au fond des cendriers, des cigarettes sont fumées, en quantité.
La nuit tombe, il fait déjà sombre; l'hiver ressemblera à ce tableau que j'ai déjà sous les yeux, des lumières éparses le long des larges avenues, des lampes tamisées, mon bureau; peut-être la solitude.
Voilà.
Respirer l'odeur du papier, se lover dans un grand fauteuil, nier le temps qui passe, sensation persistante. Ca ne m'arrive pas souvent de me "poser", mais la sensation qui en résulte dure indéfiniment. Dans une relation, c'est pareil; parfois de simples instants se figent, forment des bulles, et restent, symboles, dans les mémoires.
Pourquoi? Et pourquoi ne disparaissent-ils pas? Leur côté éphémère les protège sûrement, mais il y a autre chose. Ce qui nous a marqué a, à un moment donné, empli l'espace de notre représentation, a modelé notre pensée. Il n'y a pas de disparition partielle alors: lorsque ce souvenir revient, il se présente à nous come une bulle qui enfle lentement, occupe l'espace, et se dématérialise soudain, avant de réapparaître plus loin, sous une autre forme, avec d'autres contours. Mais quand il est là, le osuvenir est bien réel.
Rien à faire.
par Benoit
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