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LITANIES

LITANIES, LE SITE QUI DIT TOUJOURS LA MÊME CHOSE:
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DES VOYAGES, DES IMAGES ETRANGES, INSOLITES, ETC.

Des liens dans les articles vous proposent des parcours thématiques sur le blog, à vous de trouver lesquels!

Petite precision: les articles ne parlent pas vraiment de moi, il y a une part importante de fiction dedans, merci donc de ne pas tirer de conclusion hative me concernant a leur lecture!

Les photos seront désormais disponibles (et téléchargeables) sur ma page FLICKR, et meme d'autres photos.


Dimanche 28 septembre 2008

Cher hypothétique lecteur bonjour!

voilà plus de deux ans que je suis arrivé à Cologne, en septembre, pour passer deux ans en Allemagne. Bon gré mal gré, le blog a suivi tout ce temps, et il a même survécu, puisque je n'habite plus à Cologne, Hamburg ni Münich, mais maintenant à Taipei. C'est comme ça. Voici la vue de mon hôtel, ce matin.

Au début, quand j'écrivais, je ne prenais pas de photos, j'avais peur d'arriver à la fin de mon stock, et de n'avoir plus rien à dire! En fait, ça s'est arrangé. Je me demandais ce qui allait se passer dans ma vie, et je me demande toujours. D'ailleurs, je me demande aussi ce qui s'est passé. Ce blog est celui des questions, je n'oublie pas.

A la fin, en Allemagne, je me prenais beaucoup la tête, j'avais un peu peur. Maintenant, c'est fini. Espérons que l'intérêt du blog remonte d'autant.

Ici, une fois de plus, je ne sais pas ce qui m'attend. Je ne sais même pas pourquoi je suis là! Mais c'est bien. Finalement, la seule chose que je sache, c'est que je ne sais pas ce que je fais là. Non, non, je ne me prends pas pour Socrate... Mais en même temps, c'est vrai.

Avec les déplacements, l'impression de réalité s'estompe. D'abord parce que tous les endroits se ressemblent, les hôtels aux hôtels, les avions se suivent, les visages sont trop nombreux pour pouvoir se fixer vraiment, tout va très vite, on peut faire plusieurs centaines de kilomètres juste pour rencontrer, fugitivement, une ombre, un homme important, puis on repart. Une vie passée à sourire, dans les halls d'hôtel, seul face à ses rêves, aux continents, à la vie.

A ce sourire de surface, plusieurs éléments répondent. D'abord, le sourire intérieur, devant ce que j'étais, devant la marche du monde, devant ceux qui agissent sans savoir, parfois avec droiture et entrain, d'autres dans la peur, et jamais, je ne peux les aider, il faudrait dire, mais toujours la même chose: "tu verras..."

Ensuite, il y a les autres voyageurs, les autres âmes égarées, une sorte d'orbite dont il n'est pas plus possible de s'échapper, le cercle des hommes qui savent la même chose que moi, un cercle qui gravite autour de ceux qui en savent plus, qui nous regarde en souriant, et celui de ceux qui en savent autrement, qui nous regarde froidement!

N'avoir rien. La semaine dernière, je n'ai pas dépensé d'argent, je n'avais pas de logement, je n'étais quasiment rien, en voyage... C'est étrange, c'est bien. Autour, la crise commence à s'enraciner. Vieux dilemme. Je me reproche souvent de ne rien écrire qui soit en rapport avec la réalité. Je voulais partir en Allemagne pour être sur le terrain, pour rentrer dans la réalité, mais finalement je n'ai fait qu'y apporter mon rêve, qui grandit comme une herbe folle, indépendemment de ce que je croyais réel, et qui n'est peut être qu'une chimère malléable. C'est une longue lutte, parfois mon rêve domine le réel, alors je peux laisser d'autres entrer dans le rêve, parfois c'est la vie froide et impitoyable qui remporte une bataille; c'est comme ça, on ne fait pas tout ce qu'on veut, non?

*****

Avec le temps, le rythme de la pensée s'est ralenti en lui.
Vivant? Un flux passe à travers ses pensées, parfois même son corps; commeil pense lentement, il sourit, il sait qu'il n'est pas le seul à penser ça, et comme une bête traquée, il dresse les oreilles, il cherche où sont ceux qui sentent leurs pensées, à l'affût. Il est là, la chair à vif, dans un espace confiné, il a faim, au dessus de lui le typhon passe avec de grandes rafales, il se sent vivant.

Par l'intelligence, on peut saisir très vite une situation, mais pour agir, il faut fortifier son corps et ses pensées par une longue discipline, qui ne requiert pas forcément la réflexion. Alors, avec tout le temps libre, on est libre. On peut faire à la fois tout ce qu'on nous demande, et être libre. Ça aussi, c'est étrange. Très facile.

*****

par Benoit publié dans : Texte vers images ajouter un commentaire
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Lundi 12 mai 2008

Quel contraste! Entre penser le monde, soi, les grands mouvements qui nous entourent, et vivre sa vie matérielle si ténue, étendre la lessive et faire des présentations powerpoint, la distance est à la fois ténue et abyssale.

Comprendre sa position, savoir où on veut aller, connaître ses rêves: une seconde.
Un powerpoint sur la "stratégie produit": 5 heures.
(à ce titre, écrire, c'est créer du temps pour la réflexion, comme fumer)

Tout irait bien si tout le monde avait les mêmes préoccupations. Mais ce n'est pas le cas. Les problèmes qui m'occupent semblent ne pas être partagés par mon entourage immédiat; le risque, c'est de se faire enfermer dans la représentation du monde qu'ont les autres, je veux dire ceux que je fréquente chaque jour, et d'oublier les perspectives. En travaillant 10 heures par jour, dans plusieurs villes ou pays différents chaque semaines, en ne ménageant pas sa peine, en se retrouvant confronté minute après minute aux intérêts les plus terre-à-terre, sans possibilité d'exprimer les idées les plus intéressantes (sous peine d'ennui, à la fac), la pression s'accentue et les certitudes vacillent.

J'ai une croyance aveugle dans le "naturel", je crois que toute la pression créée par le conflit des intérêts et le mélange des visions ne peut résister à la volonté telle qu'on la ménage quand on a le temps de rêver, mais quel rempart de pacotille...
Pourtant c'est bien ce qui arrive; la source de réflexion ne peut se tarir, mais il faut modifier l'objet des pensées, quand on travaille: du livre, de la pensée organisée et consignée vers l'observation de la réalité, y compris son lot de misère, de sécheresse, de désillusions. L'esprit se contracte alors, et quand n'importe quelle stimulation intellectuelle l'approche, telle une étincelle bienfaisante, le sourire revient.

Oh, je n'aurais pas cru la vie comme ça; il y a longtemps, je croyais qu'il était possible, partout, de rencontrer (au sens de créer des liens durables) une infinité de personnalités; mais ce n'est pas vrai. Ceux que je trouve précieux, j'ai même appris qu'il était possible de les perdre, selon les règles intangibles d'un combat de longue haleine entre le confort et l'esprit...choix cruel! Même ça, il faut apprendre à l'accepter, sans savoir si ceux qui "trahissent" savent bien ce qu'ils ont choisi.

Alors, parfois, j'aimerais bien que tout aille plus vite, j'aimerais que les lieux soient plus proches, que l'action ne soit pas si fatigante, et savoir mieux mettre en oeuvre ce que je vois et sens. Monde impitoyable, où pourtant il est possible de trouver sa voix, sa voie et son accomplissement. Clair-obscur où tout repose sur les rencontres et le hasard :)
par Benoit publié dans : Texte vers images ajouter un commentaire
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Les articles du blog sont aussi un moyen de...hum...jeter en pâture à mes exigeants lecteurs des idées, qu'elles soient foireuses, sérieuses, ou intéressantes. Le sens que j'ai voulu y mettre est fait pour être contourné ou détourné par les commentaires, donc n'hésitez pas à vous exprimer, il n'y a de toute manière presque que des lecteurs réguliers ici :)

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