Vendredi 18 janvier 2008
Dans la douleur, mon corps se souvient
Oui, c’est comme l’amour
Longtemps après encore je sens ton corps
Un drame mineur, mais sans fin
Ce soir, j’ai envie de fumer
De laisser partir en fumée la douleur
Mon corps se souvient
Encore, il y a longtemps, encore
Ton parfum, la cigarette
Tout se mélange
En volutes.
La cigarette qui enfume les rêves
J’aimerais la voir se consumer,
Puis,
Vers la fin, lentement la retourner
La braise vers moi, vers ma peau
Trouer mon enveloppe
Percer les rêves avec la braise rouge.
D’un geste désinvolte embraser un carré de peau
Profondément, jusqu’au mal
Peut-être pour faire resurgir ton souvenir
Toi qui ne me manque même plus
Cigarette, volute, fumée
Caché à la vue des autres, malheureux sans raison
Seul, libre. Qu’importe!
Le malheur donne la désinvolture
Détache du monde
Et les cigarettes traînent dans la nuit leur braise rouge
Tracent de longues routes sanglantes;
La suie si pesante embrasée tout à coup.
Je veux croire que moi aussi, comme les mégots
Dans la nuit, un jour,
Je brûlerai comme le goudron, comme la route
Image de la liberté, la nuit,
Je t’offrirais bien ce poème
En guise d’apaisement
Tout a brûlé
Mon corps la fatigue le temps
Mon désir ton souvenir
par Benoit
publié dans :
Poèmes
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