Commentaires

Mes photos



www.flickr.com








BLF_is_back photos Plus de photos de BLF_is_back





Albums Photos

Fils RSS

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0

LITANIES

LITANIES, LE SITE QUI DIT TOUJOURS LA MÊME CHOSE:
LITANIES LITANIES LITANIES
DES VOYAGES, DES IMAGES ETRANGES, INSOLITES, ETC.

Des liens dans les articles vous proposent des parcours thématiques sur le blog, à vous de trouver lesquels!

Pour ceux qui sont arrivés ici par Google à la recherche d'un sujet d'exposé, ne désespérez pas: au moins vous avez la confirmation que si on peut écrire, régulièrement, n'importe quoi sur n'importe quel sujet, on peut aussi réussir sa présentation sans trop se fatiguer. Courage!

Les photos seront désormais disponibles (et téléchargeables) sur ma page FLICKR, rubrique "Blog"


Lundi 30 avril 2007
Bulbe----id--e.JPG

La lumière s'épuise.
L'électricité embrase les fils de métal.
Les travailleurs invisibles laissent filtrer leur dernière incandescence.

Mais laissons là les faibles ampoules à l'agonie, et regardons dehors, sous le ciel, les étoiles. La lumière baigne la nuit. Les étoiles regardent la lune, et nous regardons leur spectacle. Nuit du Nord si claire, calme, traversée par des brises d'air tiède. Les odeurs flottent, comme portées par l'obscurité.  Les grandes rues vides se délacent sous la caresse des rayons laiteux. Rien ne s'oppose plus au mouvement, on se déplace vite, sans entrave, le sourire au lèvres. La nuit arase les quartiers, les différences, se joue de l'ombre des grands arbres au bord des canaux, se multiplie sur l'eau, sillonne vers on ne sait où. Sa beauté attire, on se perd auprès d'elle. On la suit, ses méandres.

Peu à peu les yeux s'habituent, la nuit devient dense dans sa robe voilée d'obscurité et de clarté, le silence se fait musique, repos, la douceur de l'air étouffe les bruits comme un tapis de fleurs. Les pétales volent en portant les parfums des cerisiers.

Sous le ciel paisible, la rumeur du Kiez se fait sentir, on sent les tremblements de fêtards mêlés à la basse du port, les grues en mouvement permanent. Quelques mouettes cyniques vont et viennent ente deux espaces.

Les quartiers vivent une liaison secrète dans la bière, Astra des fêtards, quartier rouge, Astra des travailleurs, ancre en forme de coeur, marins au coeur bleui. Les forces s'épuisent dans la bière, les filaments des lumignons du Clochard attendent dans une souffrance de chair l'aube qui ne tardera plus.

Et il semble que depuis des siècles tout s'est toujours mêlé ainsi, des fêtards et des marins, des bordels et des théâtres, sans discontinuer. La lune prend ci et là sa forme cruelle, couleur d'acier, et les poissons se font découper, charcuter et massacrer, au fond des filets, ils passent sur le marché, se transforment en Fischbrötchen. Aigre odeur du vinaigre, des cornichons, des oignons. L'acidité du poisson répond à celle des muscles.

La fête bat son plein, timidement, on investit aussi les entrepôts désaffectés, la musique agressive supplante la voix enrouée des grues. La lune laisse faire-elle éclaire les visages fatigués, comme un rappel du temps qui passe. Rides d'excès, de bonheur, brin de folie.

Abandonnés, jaloux, les grands immeubles résistent, lancent leurs néons inhumains, mais les slogans s'effacent devant la lune, sous la brise, dans l'inconscience de l'alcool. Ils voudraient prétendre à l'éternité, mais la fatigue de la fête les rattrape, les fige, leur donne des paupières. La fête des bas quartiers pèse sur eux, inexorablement, elle les rabaisse, les humilie, nivelle tout et dérobe pour elle la lumière.

On n'en peut plus, la lune a déjà tourné beaucoup, l'Aube approche, Electre, ô Electre, les membres fatigués et la tête vide, la brise tiède, les grands espaces s'offrent à nous, encore, toujours, à perte de vue. Les grandes sirènes du port scellent leur alliance aux armateurs, s'unissent aux marins, embrasent de désir les voiliers, tissent des filets de mort.

La lumière s'épuise, mais épure nos sentiments; à nouveau, l'avenir se dessine, les ombres délicates vont reprendre leur place, nous inviter à la nuit, et nous pourrons rêver tout le jour, à un autre monde, plus libre, plus égal, plus fraternel.

La lumière meurt, dans un claquement sec, le travail reprend.
par Benoit publié dans : Poèmes ajouter un commentaire
commentaires (1)    créer un trackback recommander
Dimanche 29 avril 2007


On nous rabat les oreilles avec les patrimoines mondiaux de l'humanité, et autres belles phrases.
Mais, dans la pratique, on ne fait que tuer des jolis endroits pour les livrer aux touristes. Je pense par exemple à Tolède, un bel exemple de gâchis, une ville massacrée vraisemblablement au nom de l'argent, où il faut payer 5 € pour rentrer dans une église minable, où il n'y a que des Mc Do et autres restauration rapide, pleine de boutiques, d'hôtels, et autres charmants accessoires qui ne méritent pas particulièrement le détour.

Le débat semble être le suivant:
Si on ne "classait" pas ces villages, le patrimoine de l'humanité disparaîtrait sans coup férir, faute de moyens. Et oui, il arrive que le capitalisme décide de sauver l'humanité, dans son style bien particulier, tout en finesse et délicatesse.

Mais d'un autre côté, comme les prix augmentent, que les villageois se transforment en exploitants de touristes, bref en petits capitalistes, il perdent instantanément tout le charme qu'on leur avait supposé et transforment leur ville en une chose étrange, jolie, mais dont l'âme a été détruite accidentellement.

Deuxième problème moins visible: pourquoi on ne laisse pas tout simplement mourir les monuments du passé qui ne peuvent plus vivre eux mêmes? Pourquoi s'acharner à les conserver et les exhiber? D'un côté, je comprends, mémoire collective, beauté éternelle, tout ça, mais de l'autre, c'est totalement hypocrite: on vit dans un monde bien laid, on pollue à n'en plus finir pour soutenir notre bien être, et en parallèle on vient pleurer pour préserver la beauté de vieilles pierres qui, peut être, préfèreraient mourir tranquillement.

Pour finir sur une note optimiste, je me dis que ces villages mondiaux servent peut être de paratonnerre à touristes: on sacrifie celui dont le nom est le plus connu, et comme ça tous les autres qui lui ressemblent dans les environs sont sauvés du tourisme, car pour sûr il ne viendrait à l'idée de personne d'aller faire un tour dans la région. Pas si bête!
par Benoit publié dans : Divers (banal?) ajouter un commentaire
commentaires (5)    créer un trackback recommander

Présentation

Accès aux articles

Avril 2007
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Profil

  • : Benoit
  • litanies
  • : Allemagne Münich
  • : "Je est un autre."

A la carte

Exergue

Les articles du blog sont aussi un moyen de...hum...jeter en pâture à mes exigeants lecteurs des idées, qu'elles soient foireuses, sérieuses, ou intéressantes. Le sens que j'ai voulu y mettre est fait pour être contourné ou détourné par les commentaires, donc n'hésitez pas à vous exprimer, il n'y a de toute manière presque que des lecteurs réguliers ici :)

Rechercher

Publicité

 
referencement site sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus