Mercredi 4 avril 2007
Souvent, on écrit pour raconter quelque chose. Mais pas quand on blogue, on dirait. Non. Je veux dire que ça n'a plus l'air d'être une motivation primordiale.
Le blog, c'est une sorte de défouloir bien pratique. On ne sait pas trop pour qui on écrit. On sait qu'on est lu quand même un peu, en épluchant ses statistiques. On sait même quels articles, et parfois, on se demande ce qu'ils ont d'extraordinaire, mais...bon, on n'est pas trop regardant.
Et puis souvent, bah, on écrit par habitude d'écrire. Dans le genre stupide, quand j'étais petit, je lisais Baudelaire qui disait qu'on ne pouvait pas devenir écrivain, si on n'écrivait pas. Alors j'écrivais. Le truc d'abruti, quoi. Peu importe.
Le résultat a posteriori est étrange. Il m'a fallu un peu de temps pour ne plus faire qu'écrire mon blog, mais commencer à aller regarder un peu à droite à gauche les autres blogs. Un processus naturel, j'imagine.
Mais je ne suis toujours pas au clair, je ne comprends pas ce que c'est un blog. Le côté voyeur, oui, c'est sûr, un peu, mais enfin on s'en lasse vite, de lire la vie de personnes dont à priori, on se moque complètement, de regarder des albums de photos de vacances etc. Les référencements bidons le montrent un peu, en s'ennuyant on cherche tout et n'importe quoi. Ecrire pour ses amis, moui mais bon.
Je trouvais donc ça totalement stupide, écrire un blog. Et je me suis trompé. Mais ce n'est pas ça que je voulais écrire, je m'étais pourtant juré de ne pas parler de mes états d'âme.
Je voulais parler des ombres qui passent dans la communication avec l'autre, surtout quand l'autre, on ne le connaît pas. Je crois voir, je crois comprendre pour de vrai, et puis il y a toujours un moment pour réaliser que discuter avec des gens n'a rien d'extraordinaire, en fait. Je suis un peu trop ours, sans doute. Dès que je rencontre de nouvelles personnes, assez souvent, pourtant, je crois toujours avoir trouvé les personnes les plus extraordinaires de l'humanité. Et puis en découvrant que les autres n'ont pas de super pouvoirs, qu'ils doivent construire leur vie comme moi, et bien il se casse une sorte de magie, l'ombre qui s'étend parfois démesurément derrière ceux qui nous entourent, ou devant, autour de laquelle on peut chanter, danser, etc. Il faut redevenir sérieux, s'ennuyer un peu, trouver sa place dans la durée. Mais comment, mais avec qui, la question demeure. Avec ceux qui restent dans l'ombre, c'est tentant. Mais quand je me rapproche, ils s'éloignent. Et quand ils s'éloignent, je me rapproche.
Et la magie donne un choix assez angoissant entre les rêves dont j'ai appris avec le temps qu'ils étaient des rêves, justement, ou la réalité plutôt abrupte, mais malléable, mais sculptable à volonté.
Article qui tourne en rond, voilà, il est 21h50, je viens de me rendre compte que l'esprit et le corps...oh la la je fais mon Descartes, maintenant.
Et ce n'est toujours pas ça que je voulais écrire ce soir. Je voulais dire que, une fois la grande traîne d'ombre aperçue, on commence à voir la réalité aussi, du moins une idée de la réalité, et qu' à ce moment cela devient presque impossible d'écrire, à cause de... à cause de la lumière, de la vérité, à cause du réveil difficile. Dans les livres, Electre ne se réveille pas, elle rêve sa vie, et tout va bien. Elle peut mourir tranquille si il faut, ça ne la gênera pas, et elle remourra à chaque fois qu'on relit le passage, et ça lui donne une impertinence salutaire, du haut de sa feuille de papier. Mais si Electre se réveille? Si elle se rend compte qu'elle s'est trompée? Si elle ne joue plus son rôle? Si elle n'est pas elle? Alors qui est-elle? Quid de l'innoncence qui meurt?
Je repense à Electre, et je l'en aime davantage. Je ne sais pas pourquoi je parle d'Electre à vrai dire, sans doute à cause de la phrase sur la lumière quand le jour se lève, qui me trouble souvent le matin, le jour des criminels et des menteurs, mais la lumière de la vérité qui révèle leur masque.
Bon, j'ai déjà écrit pas mal, là, je ne sais toujours pas ce que je voulais dire, et si Baudelaire avait raison, il va encore falloir que je m'entraîne un sacré bout de temps.
Le blog, c'est une sorte de défouloir bien pratique. On ne sait pas trop pour qui on écrit. On sait qu'on est lu quand même un peu, en épluchant ses statistiques. On sait même quels articles, et parfois, on se demande ce qu'ils ont d'extraordinaire, mais...bon, on n'est pas trop regardant.
Et puis souvent, bah, on écrit par habitude d'écrire. Dans le genre stupide, quand j'étais petit, je lisais Baudelaire qui disait qu'on ne pouvait pas devenir écrivain, si on n'écrivait pas. Alors j'écrivais. Le truc d'abruti, quoi. Peu importe.
Le résultat a posteriori est étrange. Il m'a fallu un peu de temps pour ne plus faire qu'écrire mon blog, mais commencer à aller regarder un peu à droite à gauche les autres blogs. Un processus naturel, j'imagine.
Mais je ne suis toujours pas au clair, je ne comprends pas ce que c'est un blog. Le côté voyeur, oui, c'est sûr, un peu, mais enfin on s'en lasse vite, de lire la vie de personnes dont à priori, on se moque complètement, de regarder des albums de photos de vacances etc. Les référencements bidons le montrent un peu, en s'ennuyant on cherche tout et n'importe quoi. Ecrire pour ses amis, moui mais bon.
Je trouvais donc ça totalement stupide, écrire un blog. Et je me suis trompé. Mais ce n'est pas ça que je voulais écrire, je m'étais pourtant juré de ne pas parler de mes états d'âme.
Je voulais parler des ombres qui passent dans la communication avec l'autre, surtout quand l'autre, on ne le connaît pas. Je crois voir, je crois comprendre pour de vrai, et puis il y a toujours un moment pour réaliser que discuter avec des gens n'a rien d'extraordinaire, en fait. Je suis un peu trop ours, sans doute. Dès que je rencontre de nouvelles personnes, assez souvent, pourtant, je crois toujours avoir trouvé les personnes les plus extraordinaires de l'humanité. Et puis en découvrant que les autres n'ont pas de super pouvoirs, qu'ils doivent construire leur vie comme moi, et bien il se casse une sorte de magie, l'ombre qui s'étend parfois démesurément derrière ceux qui nous entourent, ou devant, autour de laquelle on peut chanter, danser, etc. Il faut redevenir sérieux, s'ennuyer un peu, trouver sa place dans la durée. Mais comment, mais avec qui, la question demeure. Avec ceux qui restent dans l'ombre, c'est tentant. Mais quand je me rapproche, ils s'éloignent. Et quand ils s'éloignent, je me rapproche.
Et la magie donne un choix assez angoissant entre les rêves dont j'ai appris avec le temps qu'ils étaient des rêves, justement, ou la réalité plutôt abrupte, mais malléable, mais sculptable à volonté.
Article qui tourne en rond, voilà, il est 21h50, je viens de me rendre compte que l'esprit et le corps...oh la la je fais mon Descartes, maintenant.
Et ce n'est toujours pas ça que je voulais écrire ce soir. Je voulais dire que, une fois la grande traîne d'ombre aperçue, on commence à voir la réalité aussi, du moins une idée de la réalité, et qu' à ce moment cela devient presque impossible d'écrire, à cause de... à cause de la lumière, de la vérité, à cause du réveil difficile. Dans les livres, Electre ne se réveille pas, elle rêve sa vie, et tout va bien. Elle peut mourir tranquille si il faut, ça ne la gênera pas, et elle remourra à chaque fois qu'on relit le passage, et ça lui donne une impertinence salutaire, du haut de sa feuille de papier. Mais si Electre se réveille? Si elle se rend compte qu'elle s'est trompée? Si elle ne joue plus son rôle? Si elle n'est pas elle? Alors qui est-elle? Quid de l'innoncence qui meurt?
Je repense à Electre, et je l'en aime davantage. Je ne sais pas pourquoi je parle d'Electre à vrai dire, sans doute à cause de la phrase sur la lumière quand le jour se lève, qui me trouble souvent le matin, le jour des criminels et des menteurs, mais la lumière de la vérité qui révèle leur masque.
Bon, j'ai déjà écrit pas mal, là, je ne sais toujours pas ce que je voulais dire, et si Baudelaire avait raison, il va encore falloir que je m'entraîne un sacré bout de temps.
par Benoit
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