Mercredi 19 décembre 2007
Il est tard; la journée s'achève.
Dehors, -3°.
Dedans, les conversations enjouées, les cuves de bière reluisantes, les ventres rebondis, les filles de l'est, polonaises ou ukrainiennes qui rigolent.
Des anglais égarés; des münichois sans rien de particulier.
Et moi je suis là, tout seul. Bah, oui, ça arrive. J'ai la flemme de lire, la flemme de travailler, de réfléchir, de faire la cuisine, même d'aller boire un verre avec des amis, de faire la fête de mon groupe. Fatigué, juste; j'ai juste envie de m'étendre sur l'asphalte. Ah non c'est pas ça.
Donc, n'ayant rien à faire, je regarde devant moi. Et je vois le serveur en train de nettoyer une table. Parfaitement.
Il passe à côté de la table, et soudain, sans raison, il sort son torchon et commence à frotter la table. Oh la la. Quelle activité. La table est en bois, assez massive; surement, elle en a vu d'autres. Que s'est-il passé aujourd'hui, on ne sait pas. Des gens, ont bu, sûrement. Des gens ont ri, postilloné, d'autres se sont accoudés, rapprochés, embrassés.
Le serveur astique consciencieusement. Il a l'air absorbé. Sans doute, il pense à autre chose. A sa copine? Non, ou alors, elle le saoule grave. On dirait qu'il pense à une injustice. Quelequ'un qui n'a pas laissé assez de pourboire? Possible. Il fronce les sourcils, et continue. On dirait qu'il veut en finir vite, ce soir, et sortir le plus tôt possible.
Maintenant qu'il a fini de nettoyer, au lieu de partir, il se met à faire des figures compliquées avec les sous-bocks! Non mais franchement! Et puis quoi encore. Il en fait un tas, il les bats, et ensuite il les redispose sur la table, les reprend, et les redispose différemment, toujours avec l'air concentré.
Non mais vraiment, je vous jure, il y a des jours, où, à l'étranger, on s'emmerde grave.
par Benoit
publié dans :
Divers (banal?)
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