Qu'y a-t-il de plus triste qu'une voix qui s'éteint, un souvenir qui s'efface?
Toutes choses qui, dans la vie, peuvent arriver relativement fréquemment.
Le sage qui veut se préparer à de telles mésaventures a tout intérêt à se retirer souvent en forêt, où l'expérience de la solitude s'atteint facilement, sans trop porter à conséquence.
Et pourquoi la forêt? Parce que la forêt cache et dévoile à tour de rôle, si bien que l'objet que l'on a perdu se retrouve aisément, et que l'on peut jouer, sans conséquence, à se faire des
frayeurs.
Et en forêt, les sons se brouillent de manière compliquée, surtout la nuit, quand le silence.
D'autre part, les arbres sont là pour apporter une impression de solidité, si bien que partout où on regarde, on voit l'extrême flexibilité du feuillage et la forte stabilité des troncs sombres.
Si l'on ajoute à cela les animaux sauvages, les cabanes de chasseur, les feuilles mortes qui font glisser, les clairières, les souvenirs de Blanche Neige, et les sept nains, on obtient un heureux
panorama apte à la méditation la plus dense.
Et puis la forêt, les souvenirs du jeune Werther; et tout ce qui en découle.
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