[partie que je n'aurais pas dû écrire, mais juste penser]
Un blog, c'est pratique. Au bout d'un moment, on a écrit à peu près tout ce qu'on avait à écrire, on s'est rendu compte qu'on avait toujours le même style, et on n'a plus beaucoup de photos en
réserve. Pire, c'est vraiment insupportable de se forcer à écrire tous les jours.
Par exemple, au début, j'ai conféré à l'écriture une sorte de valeur magique, comme si le simple fait d'écrire suffisait à donner de la valeur aux phrases. J'ai donné encore plus de valeur au
fait d'écrire sans jamais me relire ni passer du temps à réfléchir à ce que j'écrivais. Mais ça ne marche pas comme ça, et quand je relis mes articles, je peux, noir sur blanc, constater que la
plupart sont vides de sens, parfois amusants, parfois même pas.
Du coup, impasse. Comment continuer? Peut être faut-il commencer à introduire des idées, pour éviter les commentaires qui me disent à juste titre que ce que j'écris est bien naïf? Ou alors
commencer à se relire, pour être un minimum critique? Je ne suis pas sûr non plus. Pour avancer, je me demande ce que j'attends quand je vais visiter les autres blogs, et une fois de plus je n'en
sais rien. Des anecdotes, la suite des histoires entamées, sûrement. Quoi d'autre? Peut être, après tout, "juste" un regard différent du mien, ou une confirmation que quelque part, ailleurs, il
se passe des choses intéressantes (ou rendues telles).
La longueur me pose un problème, aussi. Je trouve que j'en écris toujours trop. J'ai un peu perdu d'incisif dans mon écriture. Peut être faudrait-il parler de vrais sujets qui m'occupent? Mais
dans ce cas, je serai sûrement encore loin de la réalité. En ce moment, je me pose des questions sur Napoléon. Très bien, me direz-vous, mais lesquelles?
[partie que j'aurais dû écrire directement]
Je savais à peine que Napoléon existait. Comment est-ce possible? Il faisait partie des meubles, en quelque sorte. L'Arc de Triomphe, le code civil, les meubles Empire, et c'est tout. Que les
français aient envahi Hambourg, c'était pour moi quelque chose d'incompréhensible. Que des alliés russes et allemands aient marché dans Paris, fait des pactes, totalement délirant. Que le peuple
ait lutté pour la démocratie, que les gens se soient étripé, que nous ayons mis l'Europe à feu et à sang, et surtout que les allemands s'en rappellent si bien, alors que je n'en sais
rien...étrange. Ce sentiment d'être totalement coupé de mon histoire est particulièrement désagréable. J'ai découvert avec stupeur il y a peu que l'Algérie et la France avaient eu une histoire
commune, mais jamais je n'avais fait le moindre lien avec l'histoire actuelle jusqu'à ce que j'aille dans des cafés algériens où on discute encore des histoires de l'indépendance d'il y a 40
ans.
Mais que s'est-il donc passé? Pourquoi ne vois-je qu'avec tant de difficulté d'où je viens? Le contraste est tout de même frappant avec le monde qui m'entoure, où on parle plus IKEA/ musique/
voyages qu'autre chose. Toutes les libertés, tout le confort semble avoir été garanti de tout temps, et quand des personnes qui ont seulement deux générations de plus que moi parlent de la vie
qu'ils ont vécu, j'ai parfois de grandes inquiétudes, car je peux encore à peine imaginer leur monde, et les enjeux qu'il portait, enjeux qui nous ont été légués et qui, pour des raisons que
j'ignore, sont enterrées tous les jours davantage. La guerre, qui en 1815 encore était une affaire de patrie et d'honneur, n'est plus pour moi qu'un mot, pour lequel il n'y a pas de
représentation. Je suis contre la guerre, ce qui en soi déjà est une profonde aberration, comme si on me demandait mon avis. Tout ce qui m'entoure est placé dans une fausse perspective,
celle où l'on n'est absolument pas menacé. Tout va bien, on s'occupe d'environnement, on regarde les russes se faire menaçants, les iraniens, et on se demande qui seront les prochains, la vie
suit son cours paisiblement.
On n'aurait pas l'idée de se faire envahir par ses voisins. Le fait qu'il existe une armée française est totalement invraisemblable. 345 têtes nucléaires, 350 000 soldats, mais où sont-ils? Que
font-ils? Pour moi, l'armée française, ce sont 5.000 gars qu'on envoie à droite à gauche, et un ou deux porte avions, quelques sous-marins, guidés par les intérêts de deux ou trois secrétaires
d'état et une poignée de groupes industriels. Bref, je suis totalement à côté de la réalité, et j'espère que je suis le seul, mais malheureusement je n'en suis pas persuadé. Pourquoi n'a-t-on
jamais de cours d'histoire? Pourquoi cette obscurité? N'est-ce pas important? Veut-on nous faire croire que ça n'arrivera plus jamais? Que ça n'arrive déjà pas?
[partie qui aurait dû se suffire à elle-même, si j'avais été pressé]
Napoléon a conquis l'Europe il y a 200 ans, et a continué de jouer un rôle dans le monde jusqu'en 19.. et quelques, mais maintenant, où en sommes nous? Où trouver un point de vue valable? Les
anglais et les expatriés d'Angleterre ne parlent que d'impôts et de centre du monde à Londres, les Allemands et les expatriés d'Allemagne que je connais, moi y compris, je me demande pourquoi on
est là, mais pour une part le confort, la simplicité des allemands jouent sans doute un rôle, j'ai l'idée de la France comme d'une nation faible, corrompue, égoïste, oublieuse, prétentieuse,
insouciante, fantasque, généreuse parfois, mais apparemment d'autres la voient totalement différemment, je suis surpris. Sans doute la Province est elle différente de Paris, aussi.
Non, décidément, ça ne décolle pas. Tant de clichés à remuer en vain, pourquoi parler toujours de l'idée de la France? Phrase inutile, encore! C'est à se demander si on est vraiment français, de
nos jours? Je me sens totalement similaire à toutes les autres personnes que je rencontre dans d'autres pays d'Europe, et c'est peut être ça la leçon, jamais nous n'avons été aussi proches les
uns des autres, la langue est devenue commune, les habitudes aussi (éventuellement, le bon côté de la standardisation). J'habite en Allemagne, et mis à part la langue c'est comme une copie de mon
propre pays. Décevant et rassurant à la fois!
Il me semble, en cherchant un peu, que les idées de la Révolution persistent chez nous, mais que le contenu des mots a changé. Chez Rousseau, quand on parle de liberté, on entend liberté pour le
peuple, et liberté dans un système politique, pas liberté en liberté. Mais de nos jours, un constat très simple, il n'y a plus de peuple. Les intérêts de la population ont été divisés et
répartis, il y a des groupes, les groupes urbains, péri urbains, les bobos, les travailleurs les classes moyennes, moyennes +, moyenne moins, etc. L'intérêt porté aux classes semble être
essentiellement de proximité, de bien être matériel, mais on ne peut pas dire qu'on fasse confiance aux français en général. Le discours de droite est très sécuritaire, celui de gauche défend des
privilèges apparemment indispensables au socle du PS. Mais si tout le reste est rempli, que dire de l'intégration? De l'éducation? Ces bases ne semblent pas fonctionner correctement, et
ce serait peut être la priorité si nous voulions aller plus loin, dans un pays riche, où tout le reste est plus ou moins en bon état de fonctionnement.
Sans doute, il va falloir faire encore beaucoup d'efforts! What's the hell I'm doing here?
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