
Voilà un parasol. Et bien, ce parasol, je ne vais pas vous en parler
du tout. Une autre idée occupe mon idée, ce soir. En fait, je dis que c'est un parasol, car on dirait un peu autre chose, sur la photo. C'est un parasol vu d'en bas, si l'on peut dire. Mais ce
peut aussi être un parapluie, s'il pleut. Ou un paraneige, s'il neige. Ou un parafeuille. Bref, vous avez compris l'idée.
Mais ce soir, je me demandais pourquoi, et comment, naissent les idées. Je lisai tranquillement le
contrat social, et je comprenai que, pour Rousseau, la véritable liberté résidait un
peu dans l'imagination: est libre celui qui peut organiser la réalité (législateur pour les lois, par exemple). Je ne sais plus exactement pourquoi je pensai à cela. Toujours est-il que je me
demandai alors comment diantre on pouvait avoir une idée, ce qui est la chose la moins naturelle du monde. Après tout, quand on ne sait pas, on ne peut pas inventer. Et quand on sait, on se
rappelle, c'est tout.
J'ai trouvé que d'abord il y a une différence entre observer et comprendre, différence difficile à délimiter, tant, quand on entend une phrase, on peut parfois en saisir le sens et parfois
non.
J'ai trouvé aussi que le sens pouvait toujours être approfondi, si bien qu'on peut toujours comprendre
plus ou
mieux une idée donnée. C'est un peu injuste.
Mais la naissance de l'idée, le moment où elle se réalise? En y réfléchissant, donc en appelant ma mémoire, je me rends compte que la pensée qui cherche une idée ressasse les éléments qu'elle
connaît jusqu'à ce qu'elle fasse un lien, et qu'une nouvelle idée naisse. Ou alors une idée qu'on avait déjà vue ailleurs, mais qui n'était pas la sienne. Très étrange, tout ça. Ca permettrait
l'enchaînement des idées. Quand on a eu une idée, souvent, is on la laisse mûrir, on sent que cette première idée en appelle d'autres à la suite. Et les différentes nouvelles idées se décantent
au fur et à mesure. Gageons que les idées "de départ" les plus simples sont partagées par un grand nombre de personnes, et qu'ensuite les idées qui découlent de cela sont liées à des contingences
non "spirituelles", comme l'expérience, les sensations, etc...Une nouvelle idée naîtrait alors à un moment donné dans la chaîne des mélanges auquel procède chaque individu pour avoutir à une
idée. L'idée serait donc le lien à la réalité, et ce lien pouvant être approfondi, on comprend alors que la
profondeur des idées soit un critère de leur qualité. Mais une idée n'a pas de
nature de fait, et la profondeur résulte vraisemblablement d'un travail, d'où il résulte qu'une idée profonde pour une personne peut être très superficielle pour l'autre. Ce qui est alors partagé
est le plus petit dénominateur commun, ainsi que l'idée que chacun se fait de ce que l'autre pense, et qui donne chair à l'image de l'idée.
Ensuite, en revenant à la problématique de Rousseau, je trouve qu'il y a une certaine nécessité à la naissance des idées. Par exemple, les sentiments jouent un rôle sur la naissance des idées,
car une impulsion forte accompagne souvent le déclenchement d'une idée marquante, et là il se passe plutôt l'inverse de ce qu'on décrit d'habitude: l'idée est rendue nécessaire pour permettre au
sentiment de s'exprimer.
Je ne sais pas si c'est très clair tout ça. Mais je crois que c'est fait exprès, pour ne pas raconter les choses vraiment qui se passent quand on lit Rousseau dans un café...
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