
La douleur extrait le sel,
L’âme des larmes.
Loin, dans la mer de Chine,
Les marins laborieux jettent leur filets,
Brassent dans d’énormes remous les poissons
Qu’ils roulent ensuite dans une eau saûmatre
Qu’ils engorgent de douleur;
Puis en extraient l’âme;
L’âme;
Par des soubresauts furieux s’échappe
Crève à l’air comme une bulle gluante.
Et charriés dans d’obscures boutiques
Des marchands blafards étalent les corps désincarnés
Desséchés
Aux arêtes saillantes,
Aux yeux globuleux, morts
Enfin tranquille; puants.
Et le vendent aux passants indifférents,
Dans des ruelles sombres et puantes.
Les poissons mangés les mangeurs
ont l’estomac plein
Mais toujours l’âme sèche et desséchée
Comme les poissons des étals.
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