
Le jour me pèse, et soudain, l'ombre apparaît, des bouches d'égout se mettent à fumer, et je soulève délicatement le couvercle de jour qui flotte encore. Je pénètre dans la nuit, et l'odeur du sol
d'hiver s'envole dans l'espace; c'est un domaine léger, où la lune...où les étoiles, pas encore!
Les arbres amoureux enlacent la bille lointaine, et la terre plante ses banderilles de plaisir acéré dans la nuit qui s'annonce, et la terre fume et la terre exhale le froid, puis les
branches en lutte frémissent et se ramifient.
Le ciel à son tour frémit: ELECTROCHOC.
Alors il faut partir, dans cet infini friable se glisser, perdre ses contours ou devenir soi-même étendue. Suivre de fines volutes qui tourbillonent au ciel, pour ne pas perdre pied les vapeurs
d'alcool, les pommes de terre, le suc de la terre, et puis encore aller
tout droit, vers la suite.
Sans tambour ni trompette, dans les mots qui vacillent et ramassent les clichés des feuilles mortes envolées au ciel de la nuit mais retombées sur le sol froid, mort, quelques phrases se sont
faufilées, amples.
Puis plus rien. La nuit règne.
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