
Tout est calme.
On dirait que des arbres morts la vie se décidera bientôt à jaillir. Impossible de savoir à quoi ça va ressembler. On a beau essayer, ça reste une abstraction, dans la tête, et même si on se fait
une opinion, ce n'est pas vrai, ce n'est pas encore là;
Et les plans se multiplient, et la vie n'avance pas, malgré les grandes enjambées on peu tout juste définir des objectifs, des postures, attendre que ça arrive, encore et encore.
Oh, et puis pendant ce temps il faut continuer à faire semblant de s'amuser, sinon les autres vous regardent bizarrement; échange de regards et parfois des doutes, à voir tous ces corps qui
s'amusent, qui se dissolvent dans le plaisir de l'instant, et qui ont raison.
Alors à quoi bon, à quoi bon courir toujours plus loin? Mais le but est là, confus, pas clair, même le doute ne pourra jamais tout à fait l'éclairer. Il faut tenir, il faut courir, il faut
attendre; et toujours tout seul, parce que c'est comme ça, pour pouvoir progresser.
Mais il ne se passe rien; rien; rien. Soudain, parfois, des événements viennent rythmer le temps, d'autres progressent plus vite, d'autres abandonnent, d'autres encore continuent de chercher.
Et la nuit profonde continue, et les bourgeons poussent dans la nuit, dans le givre et dans la neige. Alors les jours où il fait froid, bien sûr, on peut un peu s'abandonner au rêve, se moquer de
soi et des rêves qui peuvent, oui, qui peuvent se dissiper, on peut mourir, on peut avoir tort, on joue à chercher d'autres points de vue, on s'arrête un instant pour contempler la vie, pour
compatir et voir l'état du monde, une misère pour une bonté, un idiot pour un intelligent.
Un contre un , à chaque seconde, à chasue instant ça recommence, gagner, perdre, on oublie et on apprend, dans l'intervalle des buts lointains de nombreux événements secondaires, des amis nouveaux
puis déjà anciens, la trace des pneus collée à la route nous aspire.
Plus loin, plus loin, mais sans comprendre pourquoi. C'est là, au milieu, pour fuir l'ennui, même pas le temps de réfléchir, la roue s'emballe; le géant court, le géant décidé, par delà les
creux les cruels vides et où cela s'arrêtera-t-il?
Encore, encore, plus, vite, en avant!
HAHAHA
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