
Un verre est encore posé sur la table. Un verre abandonné, qui a transmis
le vin, qui s’est laissé rire, a vécu un peu, dans les rires et les tourbillons d’une fête, il a été apprécié, touché, échangé.
Et maintenant il repose là, inutile, à moitié plein, soudain sale, soudain à la lumière crue des lampes qui se rallument et font la vérité, il reste, immobile, au milieu des serveurs qui
débarrassent, les verres restent là, le vin se révolte en eux, le vin repose.
La beauté aussi se replie et fane; on la retrouve dans les serviettes froissées, emprisonnée. La beauté consumée, vécue, dont ne restent que des attributs inutiles!
Le verre solitaire et la serviette froissée, abandonnés, sur une table, rappellent une fête passée.
A côté, sur une terrasse, les derniers convives, dégrisés par le froid, regardent tomber la neige et contemplent leurs forces épuisées. Les flocons glissent, indifférents, sur eux, et c’est calme,
ici.
Il n’y a plus rien ici, il faut partir. Départ automatique, toujours précipité, ne pas se retourner, ne pas regretter, ne même pas penser.
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