
Quelles sont ces bulles grâcieuses qui flottent dans l'air? Parées de la brume des matins de printemps, elles répandent leur douce senteur de forêt et oscillent, doucement, dans l'air léger du
jour, encore incertain.
Pareilles aux bulles de savon projetées par les enfants insouciants, inoffensives, tellement inoffensives; on les regarde avec plaisir tracer leur chemin.
Après une longue mue, ces perles de rosée fatiguées se sont envolées au soleil, au grand air, la tige tombante et verte des brins d'herbe n'a pas su les retenir - au sol pas d'espoir!
Avec toutes ces belles couleurs, on les voit un instant, on s'imagine que ça va durer toujours, on rêve avec elles, en regardant le ciel, à leur vie immortelle et facile.
Mais elles éclatent toujours. Le monde de terreur, de feu et de solitude qu'elles contenaient explose. Dilapide l'espoir; volonté irréductible et farouche, triste désespoir de la pensée sèche et
égoïste. Ça claque, et ça brûle.
Pour rien.
Plus rien, elles sont mortes.
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