[Pour les gens pressés, un petit poème, pas besoin de lire la suite] Hambourg....à l'aube,
Des cris stridents,
Et au dessus, des mouettes.
(poème sans métrique, sans rime,
sans sens, et sans rien du tout,
de manière générale)
[Pour les gens qui veulent juste lire un article normal, un article normal] J'aime les mouettes, parce qu'elles sont des oiseaux presque terriens. D'abord, elles passent leur temps au sol, occupées à chercher à manger, mais en plus, dès qu'elles sont en l'air, elles regardent par terre; je ne sais pas ce qu'elles cherchent, mais j'imagine: un bon petit hareng, ou n'importe quoi qui se mange.
Gloutonnes, et en plus hautaines, à toujours se gausser de vous, malgré leur pieds palmés ridicules. Regarder une mouette,c'est voir l'attraction terrestre! Je trouve ça rassurant, car les instincts disons terrestres ont souvent mauvaise réputation, et quant à la réputation des mouettes...Aucune idée. Les mouettes sont là. Ce sont presque des pigeons de mer. Donc elles réhabilitent à leur manière la terre qui en a bien besoin. (et accessoirement elles me font penser à Paris, à cause de la station La Muette...oh la la, il est temps que je rentre, moi).
J'aime cette mouette, déjà parce qu'elle sait rester tranquille, ensuite parce qu'elle est très photogénique, je trouve. Et puis, j'avoue, je me demande bien ce qu'elle fait dans ma cuisine. Les joies du Zwischenmiete (la sous location): on est là, mais on se demande bien pourquoi. Et on se demande bien aussi ce que certains
objets font là. La machine à coudre sur laquelle est posée la télévision, par exemple. Mais la mouette, bon c'est sympa.
J'aime l'idée de la mouette, car peu de gens y pensent, à vrai dire. Quelle est l'essence d'une mouette? Bon sujet de dissert ça, on pourrait citer Ionesco, Tchékov, quoi d'autre, Conrad peut être.
[La suite uniquement pour ceux qui cherchent des idées pour une dissert sur l'essence des mouettes] SI on fait le plan ça donne:
I/ La mouette a-t-elle un esprit, vraiment, et, a fortiori, une essence? a) Citons Ionesco qui parle bien des rhinocéros, et même des zèbres, et la Fontaine, tant qu'à faire, qui s'occupe bien de faire ressembler les animaux à des gens. Donc, puisque les animaux font penser à des gens, il y a des chances qu'ils aient un esprit, car on ne peut pas dire que physiquement, un rhinocéros ressemble à une personne. Enfin, moi j'ai jamais trouvé de ressemblance, en tout cas.
b) Bon, petit détour obligé par la définition de l'essence, le substrat, la cause première, ou ce qu'on veut, tant qu'on rattache à l'emploi historique de Platon, Aristote et Kant, aussi, très précis, Kant (depuis que j'ai lu
Comment parler des livre qu'on n'a pas lus, je cherche des occasions d'étaler mon savoir) [n'allez pas inférer que je n'ai pas lu
Comment parler des livres qu'on n'a pas lus, il m'arrive aussi de lire vraiment].
c) Forts de cette définition (eh oui, ce n'est qu'un plan, n'espérez pas apprendre ma conception de l'essence des mouettes), il reste, dans une troisième sous partie, à dire ce que l'essence des mouettes n'est à coup sûr, pas: de quoi faire un parfum, un substrat qui brûle au soleil, etc. Eventuellement, si la matière manque, n'hésitons pas à comparer l'essence de la mouette à l'essence de l'alouette.
II/L'essence de la mouette: plongée au coeur d'un paradoxe Attention, veiller à ne pas faire trop
best seller, quand même. Comme dit précédemment, l'essence de la mouette réside dans l'opposition:
a) terrestre/aérien, comme exposé avant même le plan
b) terrestre/maritime, tant ses grandes prédispositions polymorphes lui confèrent un statut "mi-chair, mi-poisson" (une bonne dissert, ce sont aussi des citations appropriées).
c) en exagérant un peu, on peu dire que la mouette est l'horizon de la création, l'aubaine des cartes postales, aussi bien que le poison des vide ordures, la conscience de ceux qui n'en ont pas, etc... Beaucoup à dire, donc.
III/ Débat autour de la représentation de l'essence d'un mouette Devant tant de duplicité, le débat fait rage. Les uns, autour de Conrad, exaltent la mer et les valeurs de courage à elle liées, forgeant par là même à la mouette le statut d'ambassadeur terrien et de prophète des grands espaces, quand d'autres , ceux qu'on dénomme l'
école russe, s'en prennent à la mouette pour montrer les travers d'une société qui s'ennuie un dimanche à la campagne autour d'un chapeau de paille d'Italie, ou quelque chose comme ça.
Pfff, après cet épuisant effort de réflexion intense, on pourra tenter d'ouvrir le sujet en faisant valoir que l'essence d'une mouette, bien que pas absolument vitale pour la société, est malgré tout un thème intéressant, puisque peu étudié, et lié à la duplicité de l'âme humaine, que les auteurs classiques et talentueux étudient souvent en priorité. IL n'est alors pas étonnant que le débat ait fait rage entre les deux écoles, car si un tel sujet est passionnant, celui de sa représentation ne l'est pas moins. Et paf.
Enfin, lorsque j'étais petit, j'ai vu, une fois, une image dans un livre. Elle représentait, non pas un serpent boa qui avale un éléphant, mais bien une mouette avec un bonnet rouge qui discutait avec une mouette avec un bonnet bleu, qui discutaient autour d'une boussole pour m'enseigner les rudiments du bateau en général, et du catamaran en particulier. L'essence de la mouette n'est pas d'être pédagogue, sans quoi après toutes les heures que j'ai passé à regarder ce livre, assis par terre dans ma chambre à Paris, je serais peut être devenu un marin renommé, et j'aurais vu plus de mouettes, mais j'en aurais parlé moins, sûrement.
En guise de conclusion, je cite Wikipedia, qui précise bien qu'il ne faut pas confondre la mouette rieuse et le goéland, la suite par
ici, si ça intéresse quelqu'un! Vous y apprendrez entre autre que la mouette rieuse change de couleur, elle a un oeil au beurre noir en hiver, mais une tête toute noire en été, et elle n'est absolument pas menacée d'extinction selon l'indice IUCN, rassurez vous. Les femelles aiment l'esthétique mathématique, elles pondent trois oeufs par an.
Voilà. Le grincement de rire des mouettes me guérit de la tristesse qui m'a habité cette semaine. Tristesse ponctuelle, heureusement!