{Fragment d'un fait divers transformé pour passer dans une histoire de personnes qui s'engueulent dans la rue, et par ailleurs la suite de l'article précédent}
I/ Extérieur
-Le genre d'un pamplemousse? Mais pourquoi c’est si important de savoir ça ? -C’est culturel. Bien sûr, en soi, le genre d’un pamplemousse, tout le monde s’en fout, mais si tu en prends plusieurs, et si tu rajoutes tous les travaux qui ont été faits là-dessus, ça devient beaucoup plus important de contribuer aux projets qui ont déjà été faits que de faire un truc réaliste, tu captes ? -Bah non, tu baragouines, et moi je m’endors. -Ah ouais ? (Il prend le verre et le regarde.) -Et si je le brise ? Il va se passer quelque chose ? Tu crois ? -Bien sûr. La serveuse, ça va l’emmerder. (Et puis ? Il hésite, le verre à la main.) -Tiens, toi le canadien ahuri qui me regardes, regarde bien. -Are you crazy man? (Bruit de verre cassé) -T’es trop con. Va prendre une éponge. -Je suis désolé. (Rouge, il se lève et va chercher une éponge, mais la serveuse arrive.) -Merde, ah, il y en a partout. Quand je pense qu’il était encore entier il y a cinq secondes, se dit-il. C’est un peu comme la vie.
II/ Pénétrant
Mais qu’est-ce que je la kiffe, pensai-je en la voyant comme ça assise nonchalamment dans cet espèce de fauteuil en velours au milieu du bar impersonnel. Je m’éloigne un peu, parce que non plus je n’éprouve aucune attirance ni envie qu’il se passe quoi que ce soit, et puis qu’est ce qu’elle pense, hein ? Elle pense qu’elle s’emmerde, ça se voit sur sa figure, mais si ça se trouve elle est prise dans le même désir de se rappeler un fantôme du passé. Il cherche quelque chose à dire, mais ça lui fait mal de se rendre compte qu’il se repose toujours sur sa pensée. Alors, comme ils sont amis depuis maintenant un moment, il le lui dit : -Tu vois, je sais pas quoi te dire. -(Un sourire) L’as-tu jamais su ? -Non, c’est vrai, pourtant, il y a une époque où ça nous faisait pas trop rire. (Un silence.) -Et si je cassais ce verre, pour qu’on se prouve qu’on existe ? -Non, tu ferais pas ça ? -Ben…hésitations…. J’en sais rien en fait. Hum. C’est vrai que c’est particulièrement con ! Et là, après avoir vu dans mon esprit traverser l’image de la serveuse et du désagrément à passer pour un con, je prends le verre, à moitié plein en plus, et je le jette par terre avec le plus de franchise que je peux. Voilà. Alors, plein d’espoir, pour une seconde, il lève les yeux sur elle, voir si ça les a rapprochés, si il comprend mieux pour autant ce qui passe dans sa tête, et il voit son regard sombre, il la kiffe toujours autant, et puis voilà. Il ne comprend pas plus. Elle parle. -Tiens, j’aurais pas cru… -Moi non plus, en fait. La serveuse arrive d’un air rogue, vaguement ennuyés ils essuient à trois la tache sur le parquet, un parquet dont on ne parlera plus par la suite tant il est insignifiant. Il a fait ça juste pour voir sa réaction à elle, comme un talisman magique, et partant, il s’est aliéné pour le restant de ses jours un grand plaisir, celui de casser les objets qui l’entourent, parce qu’il a vu que ça ne servirait à rien, qu’il resterait toujours autant prisonnier de son esprit. Qu’importe, finalement, d’ailleurs. En fait, à la réflexion, ils commencent à s’amuser un peu, et puis ils partent, et puis ça recommencera un autre jour, jusqu’à ce que l’un d’eux en ait marre, mais peut être aussi qu’un jour il y aura une solution, laquelle je ne sais pas encore, quelque chose d’un peu plus courageux, vivre un peu moins lâchement, ou bien accepter les tâches relou, ou bien tomber dans le rêve pur, selon qu’on se penche sur lui ou sur elle, ils sont jeunes, ils ne savent pas encore, mais ils en ont l’intuition, ils se disent :
-Est-ce que ça va durer encore longtemps ? -Je sais pas. Et toi ? -Non, je ne pense pas, j... -Et moi je pense que si. -Arrête, tu me coupes la parole. -Allez on se casse, hahaha
c'est bien, ce premier post que je lis ;)<br />
merci pour le conseil sur mon blog, pour changer la date de publication afin de mettre mon roman dans l'ordre! Les problèmes les plus majeurs de ma vie se résolvent un à un.... :)<br />
Bonne soirée
Eh, merci du commentaire, j'avais envie de lire ton roman, mais il faut du temps pour celà :)Donc je vais le commencer de ce pas, au moins ton commentaire n'aura pas été perdu lol.
M
MI
28/01/2008 14:59
tu aimes bien briser les verres!et comment ferais-tu si c'est un coussin qui te nargue ?c'est drôle comme impression : cela me fait penser à celle que j'ai quand je vois le train qui arrive sur le quai. Le bruit est tellement assourdissant et je me dis, presque hypnotisée par ses yeux jaune triste qui se rapprochent, que ce train n'existe pas ; non il n'est pas là, si je veux qu'il ne soit pas là, il n'est pas là. il continue d'avancer mais quelque part, dans ma tête sa course se suspend et il s'arrête d'avancer. et le temps dans mon esprit ne correspond plus au temps réel.je me dis : "non il n'existe pas, il doit ne pas exister". j'ai presque envie de me jeter dessous pour me prouver qu'il n'existe pas. Mais puisque j'en suis sure, pourquoi le prouver ? J'arrive même à étouffer son bruit et ses vibrations, les sortir de mon corps.Les plus réalistes me rétorqueront, bah si il existe puisque tu es rentrée chez toi avec. et ben non, il n'existait pas, il s'est mis à exister après, bien après son arrivée sur le quai.C'est étonnant, aucun rapport avec le verre et pourtatn, je suis certaine que c'est la même impression de distorsion du temps.On tourne en rond ? comme un lac!
C'est ma grand-mère qui m'a appris, pour les verres!Pour les coussins, ça ne m'est jamais arrivé, mais je crois qu'il est possible de l'éventrer et de se rouler dans les plumes synthétiques.La distorsion du temps, oui. Parce que le verre n'a pas de temps; et peut-être aussi le train, mais il arrive encore à se déplacer, ou à exister, et ce n'est facile ni à supporter, ni à accepter. Du moins je comprends ça comme ça.