Une page blanche et une vieille branche, on voit presque le froid autour d'elle, la solitude tourne autour de son axe comme le monde autour de moi, d'hotel en hotel dans le focus et en dehors, parmi les ombres des passants, le froid envahit les rires, les casse et les fait voler en eclats fragiles, suspendus un temps au dessus du vide mauve; la dessus je passe et repasse le fer de mes mots, fer blanc, simple et repetitif un peu gondole, use par le temps, pas droit, tordu elime, ils ont vecu...
Chemin infini parcouru sans arret en pensee, dans ce labyrinthe indistinct, soudain, au ras de la lumiere mauve, surgit une asperite, une bouee de secours, le chemin prend forme et le bois se denude, inquietante matiere un peu minerale, un peu flexible, mon regard l'isole, je pourrais presque voir ou je suis, juste un instant dans le froid, avant que le vent ne me brouille les yeux, le vent qui siffle, le long d'un autre corridor fait de rues enlacees, qui libere la fumee des echoppes et les odeurs de poisson ou de viande mijotee.
Chemin de neurones dans le vaste filet, surface du monde lisse prise dans la glace noire et blanche de la pensee, variations subtiles, infinies ou le regard se perd, le long d'une branche, a Tokyo, l'hiver, le froid, timide sourire.