LITANIES

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Bienvenue a Maria Isabel comme nouvelle auteur dans les pages de ce blog!

Petite precision: les articles ne parlent pas vraiment de moi, il y a une part importante de fiction dedans, merci donc de ne pas tirer de conclusion hative me concernant a leur lecture!

Les photos seront désormais disponibles (et téléchargeables) sur ma page FLICKR.



Lundi 17 septembre 2007
Sous la lumière douce, le roi de Bavière fou parcourt son royaume à la recherche du sens, dans un grand silence. La tâche l'absorbe, sa couronne vacille; il n'y prend garde, contemple sans trève les églises ensoleillées, va s'abreuver aux fontaines, avance, recule, s'allonge dans l'herbe.
Il cherche une trève à  sa tâche, toujours la même, vivre parmi les conseillers, les gens, répondre, être observé.

Le roi de Bavière fou aime le cimetière touffu où les pierres, après avoir longtemps lutté, ont rompu et cédé aux lianes. Insensibles  aux corps exposés dans la terre, invincible, la végétation plonge à travers les pierres dans le coeur des hommes reposant là, nus, sans volonté, et s'y abreuve puissamment par un jet minéral.
Le roi voit les arbustes boire la pierre des coeurs, il regarde chaque jour les feuilles nouvelles et vertes, à l'ombre des grands arbres; il scrute les feux follets, on lui a dit qu'ils existaient, mais comment savoir.
Un jour, les murs  de brique du cimetière ont s'effondrer, mais le roi aime cet endroit. L'homme et la nature y assurent une transition paisible, les corps sont puisés, exténués, et les baroques tombes jadis superbes s'effacent   sous la jungle  invincible.
Le roi contemple les pierres, fondues comme par le gel en étoiles, jamais encore il n'avait compris la vieillesse des pierres, elles sont pour lui comme la mort morte une deuxième fois, c'est-à-dire comme l'oubli. IMGP2709.JPG

A force de contempler, il en oublie de raconter, il se demande bien à quoi ça sert, les mots nagent comme des habits trop grands autour de simples objets, les fleurs, l'herbe, le soleil, les ruisseaux.

Quelque part au centre de son royaume, le vrai roi de la forêt se tapit, et regarde, lui aussi, le monde dans un miroir. Il n'a pas d'attributs, on ne le voit pas, et il ne cherche pas à émerger. Le roi de Bavière fou se lamente, quand la contemplation ne le hante pas, d'avoir les attributs d'un roi sans parvenir à l'être - ses conseillers lui disent qu'il est en devenir - mais il les fuit, il cherche le vrai roi de la forêt, il parcourt les bois.

Combien de temps
ce rêve durera-t-il encore? Le long des tombes, les arbres s'élancent vers le ciel.
Par Benoit - Publié dans : Poèmes - Ecrire un commentaire
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