Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Actuellement a Taiwan, anciennement en Allemagne, j'ecris des textes qui vont avec des photos.

Publicité

Route abandonnée

Irr--el2.jpg

C'est la liberté,
Les grands espaces.
Des routes un peu monotones, et le sol fume, les nuages parlent, le soleil maté de novembre regarde les étendues, brille de connivence.

Même l'air est palpable.

Tout se ressemble, défile très vite, se consume jusqu'à l'apparition d'une étincelle, comme si croiser des kilomètres de prairies donnait une idée de l'espace, comme si tous ces gens à peine efleurés, dont à force on se sent proche parce qu'ils se ressemblent, parce qu'ils me ressemblent, patinait les apparences, et surtout supprimait tous les sentiments d'appartenance. Peu importent les raisons, enfin.

Il est agréable, pour un instant, de voir sans avoir envie de posséder, toutes ces prairies absurdes, savoir qu'elles sont là, les respecter, essayer de se frayer un chemin au milieu d'elles, pour rien, pour brûler les idées.

Agréable de cadrer de travers, de laisser des imperfections, de ne pas retoucher. Ce genre de luxe - ne rien faire - m'a pourtant l'air compatible avec le respect des autres: il participe, modestement, certes, du refus de juger, et donne une chance de capter des expressions chez ceux que j'aimerais comprendre. Mais la route est longue. Et fatigante.

Je n'ai pas plus de mots.
Et à quoi bon décrire davantage.

Silence, pour une fois, juste un peu.
Regardons les étoiles, voulez-vous?
Ecoutons la première neige tomber, qui s'est faite attendre si longtemps, perdu dans un champ enfoui au milieu de la ville, abandonné. Dans la pénombre, je sens les ombres des hautes feuilles sauvages se balancer.
Les étoiles apparaissent, préservées par cette vaste surface vide.

Un moment de répit.
Une éclaircie dans la lassitude.

Je suis là, inutile, par hasard, personne ne le sait, personne n'y prend garde. Pourtant les gens me traitent comme si j'existais, je reçois dans le bus un sourire, dans le bureau presque américain un regard de méfiance, dans un autre bureau, à peine éclairé, chichement meublé, une phrase d'indifférence. Chacun est avec moi ce qu'il sera avec le prochain. J'appartiens au nombre, je peux voyager incognito.

J'ai beaucoup de questions, mais ce soir, non, vraiment ça n'a pas d'importance, il fait froid. La lumière diminue encore. Sans doute, mes voisins dorment déjà.
Dormir. Ne plus penser. Attendre. Sourire. Accueillir. Travailler. Et puis c'est tout.

Bientôt les prairies à nouveau, sous la neige.
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
B
Enieme fois que je reviens sur ce texte et photo ( ca se voit )Je ne sais pas ce qui s'est passé à ce moment là quand tu as écrit, juste à ce moment là ....à la minute prés.Il s'est passé qq chose, je ne sais pas quoi, mais je l'ai VU , je le sens, quelque chose de magique., totalement passé aux oubliettes des com' sympas.Mais merde, je reviens demain, et je ne sais pas pourquoi.
Répondre
B
Salut Bill,je ne sais pas ce qui s'est passé dans ce texte, mais c'est vrai que je l'ai écrit dans des circonstances différentes qui les autres!J'en profite pour m'excuser pour l'article d'aujourd'hui, qui n'aura pas la grâce de celui-là: pas eu le temps d'écrire quelque chose de bien, aujourd'hui.
B
D'accord : certaines auraient pu..........mais bon, fais attention quand même : le correctif , en photo, tue l'inné ( Doisneau n'avait pas photshop..). Tu te promènes sur une idée forte : image vers texte et l'inverse. j''ai pas de leçons à donner, mais tu es sur un terrain impitoyable en choisissant de marier les deux styles, les risques sont multiplié par dix : on lit le texte parcequ'on est accroché par la photo ( internet est visuel ), du coup tu t'exposes deux fois.Mais c'est peut être ça d'abord l'art : le couragej'aimerais avoir le tien, sans flatterie, parce que publier un texte, parfois, ça fait autant peur que de mettre un enfant au monde : un gosse tu peux toujours lui expliquer, plus tard ; un texte.........c'est fini quand t'as cliqué : nombre de visites, une. Refait un gosse, merde, je l'aimais !amitiésBill
Répondre
B
Je ferai attention! Mais tout de même, les photographes qui travaillaient sur papier faisaient eux mêmes leur développement, et ils pouaient donc corriger leurs images aussi, notamment l'exposition et les zones de contraste. Je trouve donc qu'on a plus de paramètres à disposition, d'où une difficulté accrue, aussi! Mais je vais essayer pour voir. Par exemple l'image de l'article sur le paon est complètement trafiquée, j'espère que cela passe quand même, car l'original était absolument inintéressant lol. Du coup si j n'avais pas pu la retoucher, j'aurais dû en choisir une autre :)Quant au courage je ne sais quoi dire: je vois que la suite de ton récit vient de paraître! Et il est autrement plus travaillé que mes petits texte ;-) J'ai l'impression sur le blog d'écrire en marge d'un travail plus conséquent que je n'ai pas le courage/temps d'entamer!
B
Ton commentaire ? j'ai du faire comme un bon nombre de blogueurs trés tres novices : répondre=croix=et ....meeeerde !.....Pour le commentaire sur la photo, bien content que savoir que le soleil était là ( hé tu as tu te gratter pour que ca passe quand même, tu as du fermer au max )Commentaire..... bien imaginé ? hummm......tu as un réel talent image ( c'est pas le seul... :-) .....) !!!!!! HE BLOGUEURS ! LISEZ ET REGARDEZ l'un sans l'autre.....passez votre chemin, comme dirait l'autre..AmitiésBillps: je repasserai pour les autres photos..... ;-)
Répondre
B
Lol pour le commentaire (il était pas intéressant). Ca me servira de leçon involontaire :)Quant aux photos...je commence à me rendre compte comment il est possible de les retravailler et de les corriger un peu. Du coup je suis assez critique sur la technique dans celles que j'a prises jusque là: beaucoup pourrait être corrigé!
B
vu,photo : pratiquement toutes les couleurs sont présentes, du bleu au rouge, ce qui couvre bien la gamme chromatique, ont y sent une sensibilité trés tréslarge.Le cadrage est visiblement volontaire : bien que l'essentiel est cadré sur le ciel, c'est la plaine qui est au premier plan : elle est vide, et annonce le deuxieme plan.Coupée à environ au tiers, les deux premiers arbres sont le véritable centre ( deuxiéme plan ), même si le bâtiment équilibre l'image en plein milieu, l'auteur est vraissemblablement au centre ( arbre central à gauche )Le dégradé des montagnes qui s'éloignent part de la plaine pour se terminer sur des sommets plus mouvementés, presque déchirés, l'auteur est en bas de la plaine , sur un chemin ocre, avec cet horizon haché ( il n'est pas décrit dans le texte mais reste trés présent sur la photo, en revanche le texte est découpé en 12 parties en comptant le titre , les pointes des des montagnes sont pratiquement au même nombre....)Le soleil semble presque rajouté, trés haut et visiblement excessif dans l'image, il ne parvient pas à saturer le capteur de l'appareil ( innevitable dans cette config ), je dirais qu'il est "rapporté" par l'auteur. Ceci n'est pas insignifiant, l'auteur envoit un message : la lumière existe. L'auteur dit même " une éclaircie dans la solitude" : le texte et la photo sont en harmonie complète, de même la position solitaire de l'arbre central résonne avec " , je suis là, inutile" ma conclusion: je confirme, la photo et le texte parlent en echos, l'arbre solitaire est au milieu de la photo, le centre du texte, 6eme paragraphe sur 12 : "je n'ai plus de mots Et à quoi bon..."voilaamitiés Bill
Répondre
B
Je suis soufflé par cette analyse! C'est vrai et bien imaginé en même temps :)Seul précision: je n'ai pas "rajouté" la lumière, j'ai juste diminué volontairement l'exposition pour que le soleil ait sa place ;)Merci d'avoir pris l temps de m'expliquer mes propres photos...PS: n'étant pas aussi doué pour commenter, je me demande si c'est moi qui ai oublié d'appuyer sur "envoyer" dans mon commentaire, ou s'il a été supprimé? Auquel cas j'essaierai de faire mieux la prochaine fois!
B
Tu as l'oeil d'un photographe....et la photo dit plein de choses !le texte, comme d'hab est à la hauteur.amitiés Bill
Répondre
B
Ma curiosité est piquée: que dit la photo?quant au texte, il vient simplement de la fatigue.