Pourquoi certains regards nous laissent-ils vides?
Pourquoi existe-t-il des gens dont il ne reste rien sitôt que notre regard cesse de les embrasser, d'autres qui prennent alors toute leur consistance?
Drôle d'épreuve que la solitude! Une fois rendu à soi-même, il arrive de ne plus rien voir, d'avoir fait corps avec la réalité qu'on a entrevue, et un poids s'abat soudain, le besoin d'être vu
pour exister, en faisant abstraction d'une soi-disant personnalité. Etre vu comme on se voit soi même, peut être, simplement.
A d'autres moments, tout ce que les autres n'ont pu voir resurgit, le fantôme de soi qui réintègre son corps, car avant il ne pouvait s'exprimer, sous l'oeil des autres. Le regard qui ne peut
prétendre s'effacer que les autres portent sur nous, sans le voir, nous juge invariablement.
Y a-t-il différents stades de regards? Un superficiel, faisant abstraction de ce qu'est autrui, fait uniquement de projection; l'autre plongeant sans aucun égard au plus profond de ce qui est
observé, mais plus juste?
En ce moment, j'essaie avec les gens dans la rue: je les regarde, en essayant de faire en sorte qu'il me renvoient un sourire et pas un airt renfrogné, inquiet, ou indifférent. Je ne gagne pas
toujours!
Voilà pour l'article. Quelqu'un trouvera-t-il qui est sur la photo?
Enfin, en guise de conclusion, j'ai appris aujourd'hui en jouant au échecs une vérité remarquable: on a plus de chance de gagner quand on déplace les pièces en disant "PLOP" que quand on déplace
les pièce en disant "BAM".
Ainsi va la vie.
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