Dimanche 30 septembre 2007
Ce matin, un masque sur la ville.
Hambourg, noire;
Berlin, bunt,
Münich, blanche,
Cologne, griserie.
(Voilà).
Les phares inutiles, soudain,
ne reflètent qu’eux
sur l’asphalte lisse ils glissent.
La pluie ses fines capillaires
enlacent serré l’existence des passants
et les enlise dan la vie.
Plus loin,
les ramures de la pluie couvrent les
arbres ruisselants;
Les feuilles délègrées deviennent des nénuphars
de plomb,
et les rues, des mares où les enfants sombrent.
Même la poussière, au coeur des murs
s’échappe d’un bruit sec
Comme la poudre secrète d’ailleurs:
Poudre de nuage au creux des vallées -
poudre chaude sous les rues fumantes -
poudre du coeur dans les femmes ouvertes -
poudre et souvenir déposés sur d’anciens cadres
La poudre se fait fumée
Fumée odorante des nuages accrochés aux sapins
Fumée des profondeurs aux interstices des rues
Fumée blanche dans le sein des femmes
Fumée imprécise des souvenirs sur les images,
La fumée aveugle mes sens,
enrobe les nuages et contourne le vent;
dépose sa traîne d’araignée
file les
étoiles.
Le ciel dur
moulé en étoiles, plissé en nuages
Dans chaque maison enfermé sous des globes.
Dehors, toujours
Paysages en tranches
aux rainures profondes
Cologne,
Münich,
Hambourg
Gris, blanc, noir.
Des stries profondes dans les crêtes nues
saignent comme les femmes comme les murs
comme les rues comme les vallées,
comme tout ce qu’on veut.
Les idées pendent
le goût du scotch
la lumière fait mal, crue, nue, brute.
Le noir gémit sous la presse
Noir absolu dans un bol de café
Noirceur dissoute dans les tambours des machines
Loin des lumières, condensé, la chaleur sans couleur.
Noire soeur des mondes parallèles
Un clou fou vissé dans un mur blanc
Le lourd sabot métallique d’une vache presse la terre fraîche, noire et ferme
comme un caviar
sous les regards obliques d’une longue lampe longiligne.
L’espace se dissout, enfin.
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